Le département du Trésor américain a récemment révélé des sanctions visant une dizaine d’individus et une entreprise, comprenant des ressortissants nord-coréens et russes, accusés d’avoir extorqué des fonds à des entreprises américaines. Ces mesures, soutenues par l’Union européenne et l’Australie, visent à contrer un réseau dont les activités étaient destinées à « escroquer des entreprises américaines et générer des revenus » pour le régime nord-coréen, rapporte TopTribune.
Les entités ciblées incluent une société nord-coréenne, huit citoyens nord-coréens résidant en Russie, ainsi que deux citoyens russes. Ce réseau criminel avait mis en place un service d’assistance informatique pour des entreprises américaines. Les données des sociétés ciblées étaient dérobées, ce qui les obligeait à payer pour retrouver l’accès à leurs informations, une manœuvre qui aurait engendré plusieurs millions de dollars de bénéfices.
Le ministère du Trésor a souligné que ces revenus sont en grande partie affectés au gouvernement nord-coréen, qui finance ainsi ses projets de missiles et d’armement de masse. Scott Bessent, le secrétaire au Trésor des États-Unis, a dénoncé un régime qui ne cesse de « cibler et exploiter les entreprises américaines par des activités frauduleuses menées par ses agents à distance », utilisant des données sensibles comme un outil de chantage. Il a déclaré que le Trésor s’engageait à protéger les entreprises américaines contre ces actes malveillants.
Les sanctions infligées entraînent le gel total des actifs détenus, de manière directe ou indirecte, aux États-Unis par les personnes et l’entité visées, ainsi qu’une interdiction d’utiliser le dollar pour leurs transactions. Toute personne ou entreprise américaine ou étrangère ayant des établissements aux États-Unis risquerait de subir des sanctions si elle continuait à collaborer avec ces individus.
Une inculpation distincte de 14 personnes
En préambule de cette annonce, le ministère de la Justice avait divulgué, le 13 octobre 2026, une série d’actions répressives contre un réseau soupçonné de financer la Corée du Nord. Ce réseau se concentrait également sur la fourniture de services informatiques à distance aux entreprises américaines.
Une inculpation pour blanchiment d’argent et usurpation d’identité a été portée, impliquant 14 personnes. Deux Américains ont déjà été arrêtés tandis que dix autres accusés se trouvent en Chine, et deux restent anonymes. Le ministère a affirmé que ces activités illicites avaient permis de générer près de 3 millions de dollars, destinés à des entités sous le coup de sanctions internationales contrôlées par le régime nord-coréen.
Dans son communiqué, le ministère a évoqué les « projets du régime nord-coréen visant à se financer par des services d’assistance informatique à des entreprises américaines ».
Cette affaire fait suite à une opération du FBI, menée fin septembre 2026 au Texas, où plus de 40 résidences soupçonnées d’héberger des fermes d’ordinateurs portables ont été perquisitionnées, aboutissant à la saisie de près de 187 dispositifs informatiques, incluant ordinateurs, claviers et souris.
Ce précédent judiciaire n’est pas isolé ; en avril, deux Américains avaient été condamnés à des peines de prison pour avoir mis en place des infrastructures permettant à des individus étrangers, notamment en Corée du Nord, de se connecter à distance tout en se faisant passer pour des informaticiens aux États-Unis.
