Washington cible un réseau lié à Pyongyang qui détournait des entreprises américaines pour financer les missiles nord-coréens.

Washington cible un réseau lié à Pyongyang qui détournait des entreprises américaines pour financer les missiles nord-coréens.

30.10.2026 08:07
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Le département du Trésor des États-Unis a annoncé mercredi des sanctions visant une dizaine d’individus et une société, tous des ressortissants nord-coréens et russes, impliqués dans l’extorsion d’entreprises américaines. Ces mesures, soutenues par l’Union européenne et l’Australie, ont pour objectif de contrecarrer un réseau dont l’activité se fonde sur « l’escroquerie des entreprises américaines et la génération de revenus » au profit de la Corée du Nord, rapporte TopTribune.

Les entités ciblées incluent une entreprise nord-coréenne, huit citoyens nord-coréens résidant en Russie, ainsi que deux citoyens russes. Ce réseau aurait organisé un service d’assistance informatique pour les sociétés américaines, en volant leurs données afin de les contraindre à payer pour leur restitution. Une telle opération aurait généré des millions de dollars en revenus illicites.

Le département du Trésor affirme qu’une part significative des gains générés est destinée au régime nord-coréen, soutenant ainsi ses programmes de missiles et d’armements de destruction massive. Dans un communiqué, Scott Bessent, secrétaire au Trésor, a exprimé sa condamnation d’un régime qui « continue de cibler et d’exploiter les entreprises américaines par des activités frauduleuses orchestrées par ses agents informatiques à l’étranger, utilisant des données sensibles comme une arme pour extorquer des paiements considérables ». Il a assuré que le Trésor déploierait tous les efforts nécessaires pour défendre les entreprises américaines contre ces agissements malveillants.

Concrètement, les sanctions entraînent le gel des actifs détenus directement ou indirectement aux États-Unis par les personnes et l’entreprise désignées, ainsi qu’une interdiction d’utiliser le dollar pour leurs transactions. Toute entreprise ou citoyen américain, ou étranger avec des établissements aux États-Unis, risquerait des sanctions s’ils poursuivent des relations d’affaires avec les entités ciblées.

Une inculpation distincte vise 14 personnes

Deux semaines avant cette annonce, le ministère américain de la Justice avait déjà révélé, le 13 octobre 2026, une série d’actions judiciaires contre un réseau présumé de financement clandestin de la Corée du Nord, qui s’appuyait également sur des services d’assistance informatique à distance pour les sociétés américaines.

Une inculpation relative à des faits de blanchiment et d’usurpation d’identité a été publiée dans l’Ohio, visant au total 14 individus. Deux Américains ont été arrêtés, dix-sept accusés résident en Chine, et deux autres demeurent anonymes. D’après le ministère de la Justice, ces activités frauduleuses ont permis de générer environ 3 millions de dollars, bénéficiant à des entités sous sanctions internationales et contrôlées par la Corée du Nord.

Le ministère a évoqué dans son communiqué les « projets du régime nord-coréen pour se financer via des services d’assistance informatique destinés à des entreprises américaines ».

En parallèle, une opération du FBI, menée fin septembre 2026 au Texas, a conduit à la perquisition de plus de 40 résidences soupçonnées d’héberger des fermes de machines informatiques, avec la saisie de près de 187 appareils tels que des ordinateurs, claviers et souris.

Des précédents judiciaires sont à mentionner. En avril dernier, deux Américains avaient été condamnés à des peines de prison pour avoir développé ce type d’infrastructures, permettant à des individus situés à l’étranger, y compris en Corée du Nord, d’y accéder à distance en se faisant passer pour des professionnels de l’informatique basés aux États-Unis.

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