Le 19 octobre 2026, le chef du gouvernement andorran, Xavier Espot, a signé un accord d’association avec l’Union européenne (UE), soulevant des préoccupations parmi les Français frontaliers quant à l’avenir des prix du tabac en Andorre, qui sont déjà environ 65 % moins chers qu’en France, rapporte TopTribune.
Grâce à une fiscalité avantageuse, avec un impôt général indirect (IGI) de 4,5 %, les coûts du tabac en Andorre attirent de nombreux acheteurs frontaliers. Bien qu’aucune hausse immédiate des prix ne soit annoncée, l’accord prévoit une période de trente ans pour l’intégration douanière des produits concernés, sans alignement rapide des prix sur ceux pratiqués en France.
Une hausse progressive sur trente ans ?
Au-delà des enjeux économiques, l’accord soulève également des critiques relatives aux droits sociaux. Le 19 octobre, l’Unió Sindical d’Andorra (USA) a organisé une mobilisation devant le Conseil général pour demander un référendum avant la validation de l’accord. Joan Torra, premier secrétaire du syndicat, a déclaré : « Cette année, l’Unió Sindical d’Andorra a été invitée à participer au pacte d’État, mais nous nous sommes retirés car nous avons constaté que l’engagement d’organiser un référendum ne serait pas tenu. » Il a insisté sur l’absence de garanties sociales dans le texte proposé.
« Les travailleurs, les résidents et les travailleurs frontaliers ne vivent pas du tabac (…). On déplore que l’Europe sociale ne figure pas dans l’accord d’association. Ici, nous continuerons à avoir des salaires minimums, des pensions de retraite dérisoires, ainsi qu’un licenciement sans véritable protection, » a ajouté Torra. Il a appelé à ce que le gouvernement assure les droits sociaux avant de poursuivre son intégration européenne. « Ce que l’Europe devrait faire, c’est mettre un coup de pied aux fesses du gouvernement andorran : s’il veut l’Accord d’Association, il doit d’abord garantir les droits sociaux, » a-t-il conclu.
Une signature qui ne vaut pas entrée en vigueur
Bien que l’accord n’ait pas encore pris effet en Andorre, en raison des procédures à suivre, y compris la tenue d’un référendum, l’UE et Saint-Marin peuvent continuer à avancer. Xavier Espot a affirmé que « cet accord marquera le début d’une nouvelle relation politique. » Il a ajouté que « avec une participation accrue au marché intérieur et davantage de responsabilités, cet accord est une nouvelle occasion de démontrer que les petits pays peuvent être des partenaires européens fiables, constructifs et engagés. » Pour les Français frontaliers, le maintien de l’écart des prix du tabac dépendra des modalités futures d’application de l’accord et des décisions fiscales de la Principauté.
