Un exercice de brouillage GPS mené par l’armée américaine pourrait être à l’origine du crash d’un avion d’évacuation médicale survenu en mai dernier au Nouveau-Mexique, selon une enquête du magazine américain Wired. Cette révélation met en lumière les risques croissants que les technologies de guerre électronique et les drones font peser sur l’aviation civile, rapporte TopTribune.
L’incident s’est produit dans la nuit du 13 mai, lorsque l’avion d’évacuation médicale Beechcraft King Air a décollé de Roswell en direction de Ruidoso. Peu avant minuit, le vol, qui devait durer environ une demi-heure, se retrouve dans une situation critique à cause d’un dysfonctionnement de son système GPS. L’exercice militaire, réalisé sur la base de lancement « White Sands Missile Range », a affecté non seulement les pilotes, mais également toute personne se trouvant dans un rayon de plusieurs centaines de kilomètres, comme l’explique Wired.
Privés de repères dans une nuit sans lune, l’équipage, composé du commandant Keelan Clark, 30 ans, et du copilote Ali Kawsara, 23 ans, s’est vu contraint de changer en approche visuelle de nuit. Malheureusement, ils ont percuté le flanc d’une montagne, entraînant le décès des quatre passagers à bord.
La guerre des drones et la guerre électronique : menaces pour l’aviation civile
Ce crash est le premier accident mortel aux États-Unis associé au brouillage GPS, signalant une situation de plus en plus préoccupante. Des événements similaires se multiplient à travers le monde. « À mesure que la guerre des drones et la guerre électronique s’intensifient, les compagnies aériennes rencontrent de plus en plus souvent des interruptions de navigation bien au-delà des zones de conflit », a détaillé Eliran Almog, PDG de la société de cybersécurité Cyviation, auprès de Wired.
Les perturbations causées par ce type de brouillage touchent de multiples régions. Depuis 2023, des vagues significatives de brouillage ont été observées au Moyen-Orient, en mer Noire, ainsi qu’en mer Baltique. En mars 2025, des tests effectués par les services secrets à Washington ont engendré de fausses alertes anticollision sur plusieurs avions de ligne.
Le 7 juillet dernier, un Boeing 737-cargo de K2 Airways s’est crashé en mer d’Oman après avoir signalé un « problème de système de navigation » près du détroit d’Ormuz, une zone déjà affectée par de forts brouillages en raison du conflit en cours entre les États-Unis et l’Iran.