Bloquons l'extrême droite : une stratégie brésilienne pour réduire l'influence du RN et de CNews

Bloquons l’extrême droite : une stratégie brésilienne pour réduire l’influence du RN et de CNews

28.10.2026 22:06
3 min de lecture

Le 25 octobre 2026, le candidat socialiste Lula a remporté l’élection présidentielle au Brésil, en grande partie grâce à une stratégie numérique innovante orchestrée par l’avocat Andre Janones, considéré comme le cerveau derrière la stratégie numérique de Lula, rapporte TopTribune.

Ceux qui ont soutenu Lula ont utilisé une boucle WhatsApp créée en avril, visant à inonder les réseaux sociaux de contenus en faveur du candidat, y compris des mèmes humoristiques. Cette méthode a permis de détourner l’attention des publications d’extrême droite, rendant possible une reprise de l’initiative dans le débat public. Simultanément, l’extrême droite, avec des figures telles que Donald Trump et Flavio Bolsonaro, a aussi exploité des contenus polémiques pour capter l’attention des électeurs. C’est pourquoi de nombreux supports ont encouragé les internautes à « bloquer l’extrême droite » sur les réseaux sociaux.

Répondre aux idées d’extrême droite contribue à les renforcer

Répondre ou partager des propos d’extrême droite dans le but de les infirmer pourrait paradoxalement renforcer leur influence, selon le média écologique militant Bon Pote. Le journaliste Thomas Wagner explique qu’en commentant ou repartageant le contenu d’extrême droite, on alimente un algorithme en leur faveur. « Il n’y a rien de plus contre-productif que de partager directement le contenu d’Eric Zemmour, Sarah Knafo ou Julien Odoul. Ils n’attendent que ça. Leurs outrances leur permettent d’exister », a-t-il affirmé.

De son côté, le camp bolsonariste a continuellement inondé les réseaux sociaux, dont WhatsApp, pendant la campagne. De nombreux électeurs se sont informés via ces plateformes, ce qui a accentué l’importance de maintenir une communication stratégique.

“Senta o dedo no block”

Au Brésil, le mot d’ordre “Senta o dedo no block” (Bloque-les en masse) a contribué à populariser une stratégie d’invisibilisation des comptes d’extrême droite, visant à réduire leur visibilité sur les réseaux sociaux. La chaîne WhatsApp d’Andre Janones a accumulé 10 millions d’abonnés, montrant l’efficacité de sa méthode. Il a souligné que son objectif n’était pas de bloquer les comptes, mais d’ignorer leurs publications, afin de ne pas leur conférer une importance non méritée.

Dans un post publié le 28 octobre, Janones a souligné : « ATTENTION ! Les gens déforment ce que j’ai dit ! Je N’AI JAMAIS dit que les gens devraient bloquer les comptes d’extrême droite. J’ai dit qu’ils devraient IGNORER LEURS PUBLICATIONS ! » Cela souligne un point essentiel : bloquer des comptes pourrait alerter l’algorithme qu’il y a un contenu à ne pas voir simplement à cause d’un blocage.

Manip’ payante

Les « soldats » de « l’armée de Lula » avaient pour mission de relayer des vidéos, créer des mèmes et favoriser des hashtags, tout en participant physiquement aux meetings politiques. Ces efforts ont porté leurs fruits, Lula ayant été réélu avec 51,8% des voix, malgré les sondages précédant les élections qui donnaient son challenger, Flavio Bolsonaro, en tête.

La même stratégie chez LFI

En France, le mouvement de La France Insoumise (LFI) a adopté une stratégie similaire. Une chaîne WhatsApp intitulée « L’équipe de Mélenchon » a été lancée, regroupant près de 100 000 abonnés. Selon le député Antoine Léaument, cela constitue un « puissant outil de mobilisation populaire », permettant de partager des consignes de manière massive et d’influencer les algorithmes des réseaux sociaux.

Les membres sont encouragés à réagir en temps réel lors des interventions de leur leader, Jean-Luc Mélenchon. Avant chaque événement important, des instructions sont données pour mieux mobiliser l’audience et l’engager sur des plateformes comme Facebook.

Pas de différence entre « un fan et un mec énervé »

La situation soulève la question de l’impact des interactions sur les algorithmes sociaux. En effet, les réseaux ne distinguent pas entre « un fan et un mec énervé », ce qui peut favoriser une amplification du contenu, même si des critiques y sont apportées. En France, le hashtag #BloquonsLextrêmedroite a rapidement pris de l’ampleur sur les réseaux sociaux, incitant les utilisateurs à bloquer des figures politiques d’extrême droite.

Cela pose la question sur la capacité réelle de ces tactiques à influencer l’électorat à l’approche de l’élection présidentielle, où le Rassemblement National est perçu comme un concurrent majeur.

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