Suspension de la réforme des retraites : enjeux et réactions au sein de l’Assemblée nationale
La suspension de la réforme des retraites a été décrite comme une « brèche dans un totem du macronisme ». « Le problème, insiste Sophie Binet, c’est que les 64 ans restent dans la loi, leur application est seulement décalée d’une génération », rapporte TopTribune.
Le RN favorable à la suspension. Le Rassemblement national votera « pour » la suspension de la réforme des retraites à l’Assemblée nationale, a assuré Marine Le Pen. Ce parti a toujours manifesté son opposition à la réforme Borne, n’hésitant pas à soutenir des projets de loi d’abrogation ou des motions de censure présentées par l’opposition de gauche.
Reprise des débats à 15 heures. Après deux jours de pause, les députés reviennent à l’Assemblée nationale pour une ultime journée de discussions sur le budget de la Sécurité sociale. Au centre des délibérations se trouve l’article 45 bis, qui prévoit la suspension de la réforme des retraites jusqu’en janvier 2028. Cette mesure impliquerait que la génération née en 1964 parte à 62 ans et 9 mois, contre 63 ans selon la réforme actuelle. Les assurés concernés partiraient avec 170 trimestres cotisés au lieu de 171.
Une suspension liée à la non-censure. Ce moment clé du budget est déterminant, car il conditionne une absence de censure du gouvernement Lecornu par le PS. « Ce rapport de force porte ses fruits », s’est réjoui le député PS Jérôme Guedj. Pour garantir le vote des socialistes, ainsi que celui de certains écologistes et communistes, le gouvernement prévoit de déposer un amendement pour élargir cette suspension aux carrières longues ainsi qu’aux catégories « actives » et « superactives » de la fonction publique, tels que les pompiers et les aides-soignantes, ainsi qu’aux individus nés durant le premier trimestre de 1965.
Scrutin serré à venir. La suspension de la réforme des retraites, exigée par les socialistes pour ne pas censurer le gouvernement Lecornu, devrait être approuvée en première lecture, même si des tensions sont à prévoir du côté de la gauche. Les insoumis dénoncent cette décision comme « une trahison » de la part du PS, Eric Coquerel affirmant : « Nous ne voterons pas cette compromission PS-Lecornu ! »
Plus de 380 amendements en attente. Après les commémorations du 11-Novembre, les discussions sur le volet « dépenses » du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) dominent les débats. La partie « recettes » a été largement réécrite et adoptée, mais l’Assemblée nationale a encore plus de 380 amendements à examiner avant de transférer la loi au Sénat à minuit.