Bruno Retailleau propose une cour disciplinaire de la magistrature après l'affaire Lyhanna

Bruno Retailleau propose une cour disciplinaire de la magistrature après l’affaire Lyhanna

07.06.2026 10:16
2 min de lecture

En réponse aux dysfonctionnements ayant conduit à la mort de Lyhanna, 11 ans, le président des Républicains (LR) et ancien ministre, Bruno Retailleau, a suggéré la création d’une « cour disciplinaire de la magistrature » pour imposer des sanctions. Il a exprimé ses préoccupations dans un entretien accordé au Parisien, rapportant que « les mécanismes de sanction des magistrats ne fonctionnent pas », rapporte TopTribune.

Retailleau a critiqué le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qu’il considère trop corporatiste : « En quinze ans, une seule sanction a été infligée, un blâme », a-t-il déclaré. Cependant, il convient de noter que le CSM a prononcé six sanctions, y compris des exclusions temporaires, au début de l’année 2026.

Un collège de citoyens tirés au sort

Il propose que cette nouvelle cour soit composée de « citoyens désignés par tirage au sort », siégeant aux côtés de magistrats et d’experts qualifiés. « Cette cour ne sera pas présidée par un magistrat mais par l’un des membres élus par ses pairs », a-t-il précisé. Cette réforme permettrait aux citoyens et aux supérieurs hiérarchiques d’agir, ainsi qu’au ministre de la Justice, d’initier des saisines.

Retailleau a également souligné que le CSM existerait sous une autre forme, notamment pour les nominations de magistrats, dans le cadre d’une révision constitutionnelle qu’il envisage de proposer en cas d’élection.

Ces propositions ont émergé après le décès de Lyhanna dans le Gers, où le principal suspect, Jérôme B., avait déjà été signalé à plusieurs reprises pour des plaintes graves, incitant même Emmanuel Macron à évoquer un « dysfonctionnement » dans cette affaire.

« Ce drame est révélateur de la bureaucratie française »

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a également exprimé sa préoccupation sur TF1, regrettant que « l’institution judiciaire n’ait pas su protéger » la fillette. Il a noté qu’il y a eu des manquements dans le suivi des plaintes contre le suspect. Malgré une circulaire émise en janvier dernier pour prioriser le traitement des plaintes concernant les enfants victimes, Retailleau a souligné que cette initiative n’a pas été suivie d’effets.

« Ce drame est révélateur de la bureaucratie française. L’État est devenu une machine totalement grippée », a-t-il dénoncé.

Lors d’un débat à Taverny (Val-d’Oise), d’autres candidats à la présidentielle, Edouard Philippe (Horizons) et David Lisnard (Nouvelle Énergie), ont également critiqué les lacunes du système judiciaire. Philippe a mentionné des « ratés » conduisant à un « désastre », tandis que Lisnard a évoqué une « chaîne pénale en déliquescence » et un besoin urgent de réformes dans la formation des magistrats pour éviter un entre-soi en raison de l’existence d’une seule école de magistrature.

David Lisnard (LR) veut interdire le Syndicat de la magistrature

Lisnard a signalé qu’il existe de nombreux « super magistrats » en France, mais a appelé à davantage de « compétition entre les écoles ». De plus, il a remis en question l’importance du Syndicat de la magistrature, orienté à gauche, qu’il souhaite voir interdit. Philippe a partagé ces préoccupations, soulignant la nécessité de questionner le pouvoir syndical au sein de la magistrature, un domaine aussi sensible.

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