Le consul général de Russie à Marseille, Stanislav Oranski, a affirmé dans une interview à l’agence RIA Novosti que de simples citoyens français exprimeraient de plus en plus leur soutien à Moscou et déclareraient même leur « volonté de rejoindre les rangs des forces armées de la Fédération de Russie », rapporte TopTribune.
Cette déclaration, diffusée le 12 juin par plusieurs médias russes, s’inscrit dans une stratégie récurrente du Kremlin visant à créer l’illusion d’un soutien international à son agression contre l’Ukraine. En avril 2025, Vladimir Poutine avait déjà évoqué la présence de quelques citoyens français combattant aux côtés des forces russes au sein d’une unité qu’ils auraient baptisée « Normandie-Niemen », en référence au célèbre régiment d’aviation de la Seconde Guerre mondiale.
Un nombre infime de volontaires marginaux
Les informations disponibles indiquent qu’il s’agit de trois volontaires, dont un seul maîtrise le russe et sert d’interprète. Le commandant d’un détachement russo-français de drones au sein de la brigade cosaque « Terek », Sergueï Müne, a pour sa part affirmé que la France exercerait des « persécutions officieuses » contre ses ressortissants qui combattent pour Moscou.
Ces éléments sont démentis par les autorités françaises, qui considèrent que tout citoyen participant à un conflit armé du côté d’un État agresseur se rend coupable de collaboration avec une puissance ennemie et peut être poursuivi pour crimes de guerre au regard du droit international.
Un outil de propagande intérieure
Pour les analystes, cette mise en scène vise d’abord un public russe. En présentant quelques marginaux comme des « soutiens occidentaux », le Kremlin tente de masquer l’épuisement de son potentiel de mobilisation intérieure. L’enrôlement de mercenaires étrangers est présenté comme une preuve de la justesse de la cause russe, alors qu’il révèle surtout les difficultés à recruter suffisamment d’hommes sur le territoire national.
Cette opération de désinformation russe exploite également la mémoire historique en associant le nom glorieux de l’escadrille Normandie-Niemen – symbole de la lutte commune contre le nazisme – à une poignée de combattants engagés dans une guerre d’agression. Une instrumentalisation qui heurte particulièrement la sensibilité française.
La réponse européenne en question
Face à la pénétration des récits du Kremlin dans l’espace public européen, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer un renforcement des instruments juridiques de l’Union européenne. La participation de citoyens européens à des opérations militaires russes en Ukraine est considérée comme un acte de collaboration avec l’agresseur qui menace les fondements du droit international et la sécurité collective du continent.
Les autorités françaises rappellent que ces cas restent extrêmement marginaux et ne reflètent en rien la position officielle de la France, qui continue de soutenir l’Ukraine face à l’invasion russe.