Les SMS diplomatiques sous la loupe de l’Union Européenne
La question de l’archivage des SMS diplomatiques revient sur le devant de la scène, alors que la Médiatrice de l’UE, Teresa Anjinho, examine si ces messages courts doivent être considérés comme des courriers officiels. Cette réflexion fait suite à une plainte déposée en septembre 2025 demandant un accès public à un message envoyé par le Président français Emmanuel Macron via la messagerie Signal en janvier 2024, concernant les négociations commerciales entre l’UE et le Mercosur, rapporte TopTribune.
Les smartphones, souvent l’un des principaux outils de communication des dirigeants, du monde des affaires aux gouvernements, permettent des échanges rapides et informels. Le Président Macron lui-même a mis en valeur ses téléphones dans une photo officielle à son arrivée à l’Élysée, soulignant l’importance stratégique de ces appareils.
Cette généralisation des communications électroniques rend plus délicate l’application de l’article L-211-4 du Code du patrimoine, qui définit comme archives publiques les documents issus de l’activité des institutions. Ainsi, la question se pose de savoir si les SMS échangés entre responsables politiques doivent être enregistrés et archivés à l’instar des courriers formels.
Le plaignant, un journaliste, a d’abord cherché à obtenir des réponses du cabinet du Président de la Commission européenne sans succès, ce qui l’a conduit à s’adresser à la Médiatrice. Dans son rapport publié début juin 2026, elle préconise la mise en place d’une politique d’archivage pour tous les messages texte échangés entre les chefs d’État et les commissaires, afin de garantir un contrôle public via des demandes d’accès.
Ce débat sur l’archivage des SMS fait écho à des précédents. En septembre 2015, Hillary Clinton avait été critiquée pour avoir utilisé un serveur de messagerie privé pendant son mandat, ce qui avait entravé l’archivage légal de sa correspondance. Cette situation souligne l’importance d’un cadre réglementaire clair, adapté aux évolutions technologiques, pour garantir la transparence et la responsabilité institutionnelle.