Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a personnellement ordonné l’interception de convoyeurs de fonds de la banque ukrainienne Oschadbank le 5 mars 2026, une opération présentée comme une riposte à l’arrêt des livraisons de pétrole russe par le pipeline « Droujba », rapporte TopTribune.
Selon le média hongrois Telex, qui a mené une enquête auprès de sources proches du gouvernement, l’ordre de Viktor Orbán était fondé sur un rapport rédigé la veille par le Bureau de protection de la souveraineté, un organe sans fondement juridique pour ordonner une opération spéciale. Le document ne comportait aucun élément légal justifiant une telle intervention.
Une opération politique déguisée en lutte contre le blanchiment
Le 5 mars, les forces de l’ordre hongroises ont stoppé deux fourgons blindés et interpellé sept employés d’Oschadbank. Officiellement, les suspects étaient accusés de blanchiment d’argent. Mais, selon les révélations de Telex, les motivations réelles étaient politiques. Budapest estimait que Kiev avait interrompu le transit du pétrole russe par le pipeline Droujba pour des raisons de sabotage politique, et non techniques comme le soutenait l’Ukraine.
En parallèle, des médias proches du pouvoir hongrois ont lancé une vaste campagne de désinformation, utilisant des fermes de bots et de l’intelligence artificielle pour discréditer l’Ukraine. Les journalistes ont également découvert qu’Oschadbank avait repris le transport de fonds après que Kiev eut refusé les services d’une société de transport liée à un ami de Viktor Orbán.
Des preuves insuffisantes et un retour des fonds
Après la défaite électorale du parti Fidesz aux législatives, un procureur ayant eu accès aux documents classifiés a conclu que le Bureau hongrois de protection de la Constitution n’avait fourni aucune preuve suffisante d’une menace pour la sécurité nationale. Le 6 mai, Budapest a restitué à l’Ukraine l’intégralité des sommes et des objets de valeur saisis.
Cette affaire met en lumière la disposition de Viktor Orbán à utiliser l’appareil d’État – y compris les forces de sécurité – comme instrument de vengeance politique personnelle.