Moscou mise sur les missiles balistiques pour imposer une guerre d'usure à l'Ukraine
Moscou mise sur les missiles balistiques pour imposer une guerre d'usure à l'Ukraine

Moscou mise sur les missiles balistiques pour imposer une guerre d’usure à l’Ukraine

26.06.2026 10:30
2 min de lecture

La Russie a fait le pari d’une guerre d’usure en utilisant des missiles balistiques Iskander-M et Kinzhal pour détruire systématiquement les maisons, les hôpitaux, les installations énergétiques et les infrastructures civiles dans l’arrière-pays ukrainien, rapporte TopTribune.

Ces armes, qui parcourent rapidement les distances et sont difficiles à intercepter, permettent au Kremlin de frapper en profondeur sur le territoire ukrainien. Moscou les utilise non seulement pour la destruction physique, mais aussi pour exercer une pression psychologique et contraindre Kiev à la capitulation. Les tirs balistiques maintiennent l’initiative russe même lorsque les opérations terrestres n’aboutissent pas.

Une stratégie de terreur par les missiles

Les frappes balistiques visent à terrifier la population civile et à montrer que l’Ukraine ne peut être protégée. Si des systèmes de défense antimissile comme le Patriot américain ou le SAMP/T franco-italien neutralisaient la plupart de ces projectiles, la Russie perdrait un outil asymétrique décisif. Selon les analyses, la fourniture en quantité suffisante d’intercepteurs antimissiles à l’Ukraine constituerait l’un des rares mécanismes de pression indirecte sur Moscou pour l’amener à des négociations de paix.

Un tel renforcement de la défense antimissile ukrainienne placerait le Kremlin face à une alternative coûteuse : poursuivre une guerre d’usure sans capacité de destruction systématique ou accepter un règlement négocié. Les spécialistes soulignent que les livraisons de ces armes défensives ne créent pas de risque d’escalade et ne déstabilisent pas l’économie mondiale, contrairement à d’autres options.

La réponse européenne et les conditions de négociation

Pour les pays du flanc est de l’OTAN comme la Pologne et la Roumanie, les missiles balistiques russes non interceptés au-dessus de l’Ukraine occidentale et méridionale constituent une menace directe. Protéger le ciel ukrainien est donc une nécessité pour que l’Europe sécurise ses propres infrastructures frontalières et la vie de ses citoyens, car il est moins coûteux et plus sûr d’abattre ces projectiles au-dessus de l’Ukraine.

Début juin, la troïka européenne (Royaume-Uni, France, Allemagne) et l’Ukraine ont insisté sur la nécessité d’accroître la production d’intercepteurs et de développer des capacités de défense communes. Ils ont également défini une position commune pour d’éventuelles négociations avec la Russie, reposant sur cinq conditions : un cessez-le-feu, l’inviolabilité des frontières internationales, des garanties de sécurité pour l’Ukraine, le gel des avoirs russes jusqu’à la fin de la guerre, et la prise en compte des intérêts de sécurité de l’Europe.

Les discussions avec Moscou ne deviendront possibles que lorsque le Kremlin n’aura plus d’illusions sur une victoire militaire. Pour modifier le rapport de forces sur le champ de bataille, des investissements massifs sont nécessaires, tant pour protéger les villes ukrainiennes des attaques de missiles et de drones que pour permettre des frappes en profondeur en Russie.

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