Malgré une légère décrue des températures dans l’ouest du pays, la majorité de la France souffre toujours des très fortes températures. Ce samedi matin, 50 départements seront en vigilance rouge canicule, et 37 le resteront durant la journée. En effet, les corps suent, les yeux brûlent, les gorges s’assèchent, les nuits sont difficiles et les nerfs craquent. La chaleur a non seulement des impacts physiques mais affecte aussi la santé mentale, rapporte TopTribune.
Les températures extrêmes influencent notre humeur en créant un inconfort physique constant associé à la fatigue due aux nuits tropicales troublées. Cela accroît l’irritabilité et l’anxiété, comme l’explique la psychiatre Marine Akkaoui : « La chaleur produit des variations sur certains neurotransmetteurs », notamment la sérotonine et la dopamine.
Une influence sur l’agressivité
Cette chaleur perturbante impacte aussi nos relations sociales. Une étude de 1977 par les chercheurs Paul Bell et Robert Alan Baron démontre un lien entre humeur et température. Ils ont expérimenté auprès de deux groupes d’étudiants sous diverses températures, concluant que l’agressivité peut être influencée par l’exposition à des températures extrêmes.
Exacerbée par la chaleur, cette agressivité peut mener à des comportements violents. Une étude de 2013 des universités de Berkeley et Princeton établit un lien entre températures extrêmes et augmentation des actes violents, indiquant que la fréquence des violences interpersonnelles augmente de 4 % et celle des conflits intergroupes de 14 %.
Les chercheurs évoquent également que les conditions climatiques, en affectant la production de ressources essentielles, peuvent inciter à la violence pour assurer un moyen de subsistance.
Hausse du risque de suicide
Une autre étude met en lumière le lien entre chaleur et violence domestique. Le programme Spotlight Initiative de l’ONU souligne que le réchauffement climatique exacerbe les tensions sociales et économiques. Selon l’enquête, chaque degré supplémentaire accroît de 4,7 % les violences conjugales à l’échelle mondiale, bien que des données précises pour la France soient encore manquantes concernant l’augmentation des délits durant cet épisode caniculaire.
Alors que certaines recherches montrent l’accroissement de l’agressivité et des violences envers autrui, d’autres pointent les risques pour soi-même. Les températures extrêmes affectent les personnes psychologiquement vulnérables. Une étude taiwanaise indique une augmentation de 7 % du risque de dépression majeure, et on observe une hausse des recours aux urgences psychiatriques en période de forte chaleur, particulièrement chez les personnes âgées souffrant de troubles mentaux.
Plus alarmant, une étude de l’Imperial College of London, publiée dans The Lancet à l’été 2023, révèle qu’une élévation d’un degré de la température moyenne peut accroître le risque de suicide de 1 à 2 %. Ces constatations sont d’autant plus préoccupantes à la lumière des projections climatiques anticipant une France à +2,7 °C d’ici 2050.