L'Italie se prépare à surpasser la Grèce en tant que championne européenne de l'endettement.

L’Italie se prépare à surpasser la Grèce en tant que championne européenne de l’endettement.

27.04.2026 09:27
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Un tournant historique semble se dessiner au sein de la zone euro. D’ici la fin de l’année, l’Italie va dépasser la Grèce, devenant ainsi le pays le plus endetté de l’union monétaire, avec une dette publique qui devrait atteindre 138,6% de son produit intérieur brut d’ici 2026. Ce changement met un terme à une période durant laquelle Athènes tenait ce triste record depuis vingt ans, exposant les défis structurels persistants qui pèsent sur les finances publiques italiennes et leurs impacts potentiels sur l’ensemble de l’architecture européenne, rapporte TopTribune.

Les prévisions budgétaires italiennes, corroborées par des estimations des autorités grecques, indiquent que la dette de la Grèce devrait diminuer pour se situer autour de 137% du PIB cette année, après avoir atteint 145,9% en 2025. Pendant ce temps, l’Italie prévoit une augmentation de 1,5 point par rapport aux 137,1% du PIB enregistrés en 2025, selon le plan budgétaire pluriannuel récemment publié par le ministère des Finances.

Une évolution budgétaire préoccupante pour la péninsule

Les projections pour l’Italie révèlent une trajectoire inquiétante de la dette publique. Après un pic à 138,6% en 2026, l’endettement devrait se stabiliser à 138,5% en 2027, avant de commencer un lent reflux vers 137,9% en 2028, puis 136,3% l’année suivante. Cette dynamique contraste fortement avec les efforts de désendettement observés chez d’autres pays européens, comme l’indique l’analyse de BFM TV.

Giorgia Meloni, la présidente du Conseil, évoque fréquemment la dégradation de la situation financière italienne, qu’elle attribue aux incitations publiques au secteur de la construction, notamment le « Superbonus » mis en place par ses prédécesseurs, Giuseppe Conte et Mario Draghi. Ces mesures fiscales auraient considérablement alourdi les dépenses publiques, ralentissant ainsi la diminution de l’endettement dans le pays.

Comparaison européenne : l’Italie à contre-courant

Une analyse comparative avec d’autres grands pays européens permet de mesurer l’ampleur des défis auxquels fait face l’Italie. La France affiche une dette publique de 118% du PIB en 2026, soit vingt points de moins que celle de l’Italie. De son côté, l’Allemagne maintient un ratio d’endettement avoisinant 65% du PIB, témoignant de son sérieux en matière budgétaire. L’Espagne, malgré les répercussions de la crise de 2008, présente un niveau d’endettement d’environ 108% du PIB.

Cette disparité s’explique par des performances économiques inégales. Tandis que l’économie grecque a connu une croissance régulière de plus de 2% par an ces trois dernières années, soutenue par les investissements, la demande intérieure et un secteur touristique dynamique, l’Italie demeure parmi les économies les moins responsables de la zone euro. Entre 2023 et 2025, la croissance italienne est attendue en dessous de 1%, une tendance qui devrait se prolonger jusqu’en 2029 selon les prévisions du ministère des Finances. Cette performance peu réjouissante est d’autant plus frappante qu’elle se manifeste malgré l’injection de milliards d’euros issus des fonds de relance européens, alors que l’économie grecque dépasse désormais la moyenne européenne avec une croissance de plus de 2%.

Leçons de la crise grecque et risques pour l’Italie

Le cas grec illustre les dangers d’un endettement excessif. La faillite de la Grèce entre 2010 et 2018 a nécessité trois programmes de sauvetage d’un montant total d’environ 280 milliards d’euros, entraînant le pays dans une récession prolongée qui a marqué une génération. La dette grecque a culminé à 209,4% du PIB en 2020, avant de reculer de plus de soixante points en cinq ans grâce à des mesures d’assainissement strictes et aux programmes d’aide européens. Comme le souligne Le Figaro, cette situation place l’Italie actuellement sous les projecteurs des préoccupations européennes.

Pour l’Italie, la troisième économie de la zone euro, les enjeux sont d’une importance systémique. Un éventuel défaut de paiement ou une crise de dette souveraine engendrerait des conséquences catastrophiques pour l’union monétaire. L’ampleur de l’économie italienne, représentant environ 15% du PIB de la zone euro, compliquerait considérablement tout plan de sauvetage, tant sur le plan logistique que financier. Ce problème d’endettement public fait écho aux défis de financement auxquels sont confrontés tant les États que les citoyens en ce moment.

Implications pour la stabilité de la zone euro

L’augmentation de l’endettement italien soulève des interrogations majeures sur la viabilité du projet européen. Les marchés financiers suivent attentivement l’évolution des spreads obligataires italiens, qui servent d’indicateur de la confiance des investisseurs. Une dégradation brutale de la perception du risque pour l’Italie pourrait relancer une nouvelle crise de la dette souveraine, similaire à celle qui a secoué l’architecture européenne entre 2011 et 2012.

Les institutions européennes disposent actuellement d’un dispositif renforcé, comprenant le Mécanisme européen de stabilité (MES) et des programmes d’achat d’obligations par la Banque centrale européenne. Cependant, ces mécanismes n’ont jamais été testés dans une crise impliquant une économie de l’ampleur de celle de l’Italie, soulevant ainsi des interrogations pertinentes quant à leur efficacité.

La situation actuelle de l’Italie démontre également les limites des réformes récentes des règles budgétaires européennes. Malgré un assouplissement du Pacte de stabilité et de croissance, les États membres peinent à concilier les investissements nécessaires avec la rigueur budgétaire, dans un contexte marqué par le vieillissement de la population et les transitions écologique et numérique.

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