Donald Trump cherche à renforcer l'influence américaine sur les ressources pétrolières du Venezuela

Donald Trump cherche à renforcer l’influence américaine sur les ressources pétrolières du Venezuela

03.09.2026 08:37
2 min de lecture

Donald Trump prévoit de prendre le contrôle d’une partie des ressources pétrolières du Venezuela, marquant une étape significative dans la tutelle américaine sur Caracas et renforçant la doctrine Monroe. Ce mouvement survient après la chute de Nicolás Maduro et l’établissement d’un gouvernement provisoire à Caracas, rapporte TopTribune.

Qualifié de « plus grand deal de l’histoire du pétrole », cet accord permettrait aux États-Unis d’acquérir une part majoritaire équivalente à 65 milliards de barils de pétrole brut, représentant près de 20 % des réserves du Venezuela. Nicole Bacharan, politologue, souligne que les États-Unis n’ont jamais été propriétaires des champs pétroliers depuis le pacte de Quincy entre Franklin Roosevelt et le roi d’Arabie saoudite en 1945, où l’accès était garanti en échange de la sécurité mais sans perte de souveraineté pour le royaume.

Le retour en force de la doctrine Monroe

La situation politique actuelle au Venezuela est préoccupante. Washington exerce une influence considérable sur le pouvoir à Caracas, tandis que le sort de Nicolás Maduro demeure incertain, étant détenu dans une prison de haute sécurité sans procès prévu. Nicole Bacharan affirme qu’il n’existe ni élections ni référendum pour établir la légitimité du président par intérim Delcy Rodriguez, qui a été élue dans des conditions jugées douteuses. Cela confère au Venezuela une apparence de statut colonial, sans réelle souveraineté.

Au-delà de l’intérêt économique, le pétrole devient un outil de consolidation de la dépendance du Venezuela vis-à-vis des États-Unis. La politologue considère cela comme une application directe de la doctrine Monroe, qui s’oppose à toute colonisation européenne en Amérique depuis 1823. Le retour américain au Venezuela viserait également à réduire l’influence de la Chine et de la Russie, tout en sécurisant des ressources énergétiques stratégiques.

Un document de la Maison-Blanche publié le 31 août mentionne cet accord, en soulignant la nécessité d’une « réaffirmation de la doctrine Monroe et l’expulsion des rivaux étrangers de notre hémisphère ». Cela soulève la question : « Avons-nous déjà vu un accord de ce type depuis la fin du colonialisme ? », s’interrogent certains analystes.

Un projet qui inquiète les pétroliers américains ?

Paradoxalement, les grandes compagnies pétrolières américaines pourraient être réticentes à s’engager dans ce projet, ayant déjà subi les conséquences des nationalisations vénézuéliennes. Elles sont conscientes que la relance de l’industrie pétrolière du pays demandera des investissements considérables. Trump a récemment convoqué les dirigeants du secteur pour les inciter à revenir et investir massivement, alors qu’il les a souvent critiqués pour les hausses des prix du carburant, attribuées aux fluctuations du marché mondial.

Les pétroliers prennent également conscience que le pétrole ne représente plus l’unique énergie d’avenir, et consacrent une part importante de leurs budgets à la recherche et au développement des énergies alternatives. Nicole Bacharan conclut que l’exécution d’un tel plan reste incertaine, même si l’initiative politique est sans précédent.

Nicole Bacharan est historienne, politologue et autrice du livre Requiem pour le monde libre [Ed. de l’Observatoire], 2025.

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