
Mercredi soir 19 août 2026, Donald Trump, président des États-Unis, a lancé un avertissement via son réseau Truth Social. Il a précisé que tout pays qui viendrait à assister l’Iran en permettant à ses institutions financières, entreprises, aéroports ou entités gouvernementales de lui offrir un soutien financier serait confronté à d’énormes conséquences économiques. Cependant, il n’a pas désigné de pays spécifique, rapporte TopTribune.
Trump a annoncé son intention de mener « l’opération économique la plus écrasante jamais entreprise contre un pays ». Sa cible principale est constituée de six circuits clés permettant à Téhéran d’échapper à la pression internationale :
- la contrebande de pétrole
- l’échange de devises
- les transferts de liquidités
- les bureaux de change
- les registres de navires
- les sociétés écrans
Il a ajouté que « tout cela doit cesser MAINTENANT », en insistant sur le fait que l’Iran n’avait pas su saisir l’opportunité de parvenir à un accord. Aucun détail complémentaire n’a été fourni concernant les sanctions envisagées.
Cette déclaration fait écho aux avertissements de Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain, qui avait également menacé Téhéran d’un isolement économique sans précédent. Sur le front militaire, Trump a adopté une posture plus prudente dans un contexte où le conflit est devenu impopulaire aux États-Unis et où les réserves de munitions semblent s’épuiser, selon certains médias.
Ce nouvel avertissement survient après près de six mois de conflit, période durant laquelle les hostilités ont considérablement diminué depuis les frappes israélo-américaines initiales et les répliques iraniennes.
Le baril reste au-dessus de 90 dollars
Jeudi 20 août, les prix du pétrole ont continué leur ascension. L’échec des négociations entre Washington et Téhéran suscite des craintes quant à une interruption prolongée des flux dans le Golfe. Le Brent, pour livraison en octobre, a terminé à 91,62 dollars, en hausse de 0,66 %, tandis que le WTI, pour livraison en septembre, a augmenté de 1,05 % à 85,83 dollars.
Andy Lipow, analyste de Lipow Oil Associates, note que la montée des prix s’explique en partie par les difficultés rencontrées par les deux pays à s’accorder sur la réouverture du détroit d’Ormuz. Alors que Trump a affirmé que ce passage stratégique était « ouvert et fonctionnel », Téhéran soutient que le verrou est toujours en place. Selon Lipow, il est difficile de déterminer avec précision la quantité de pétrole qui transite réellement dans cette zone, ce qui entraîne une anxiété persistante sur les marchés.
Ole Hansen, analyste chez Saxo Bank, observe également que l’écart entre le Brent et le diesel a atteint des niveaux records. Les producteurs du Moyen-Orient continuent d’exporter du brut tout en fournissant également des produits raffinés, alors que les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes perturbent une autre importante source mondiale de diesel.
Aucune discussion en cours avec Téhéran
Les pourparlers diplomatiques sont à l’arrêt complet. Trump a déclaré que, depuis le 18 août, aucune discussion n’était en cours avec l’Iran, ni de planification d’éventuelles conversations. Une source américaine a rapporté que les échanges avaient été suspendus, dans l’attente d’un rapprochement des positions iraniennes vers celles des États-Unis. Cependant, Téhéran n’a envoyé aucun signal en ce sens.
En visite à Bagdad, le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf a dénoncé l’ingérence étrangère tout en appelant à un renforcement régional, alors que Washington fait pression sur l’Irak pour désarmer des factions armées pro-iraniennes. Il a insisté sur le fait que le détroit d’Ormuz ne serait pas rouvert tant que les États-Unis n’auraient pas respecté les engagements contenus dans le protocole signé en juin 2026, protocole balayé par la reprise des hostilités en juillet.
Des discussions entre l’Iran et Oman sur la gestion future du détroit se tiennent depuis plusieurs semaines. Téhéran souhaite imposer des frais de navigation pour les navires en transit et cible ceux qui essaient de le traverser sans autorisation, une exigence que Washington et d’autres pays de la région rejettent fermement.
Le 18 août, les Émirats arabes unis ont accusé l’Iran d’avoir tiré deux missiles balistiques visant des navires dans la région, tandis que Téhéran a nié ces allégations. En réponse, la diplomatie émiratie a suspendu « tous les échanges commerciaux et transactions financières » avec l’Iran, un partenaire commercial historiquement important.
Le général Ali Abdollahi, commandant des forces armées iraniennes, a réagi fermement en soulignant que toute aide apportée à l’armée américaine serait considérée comme une participation aux opérations militaires américaines.
Le conflit a débuté le 28 février 2026 par une attaque conjointe américano-israélienne contre l’Iran, suivie de représailles iraniennes et d’un blocus du détroit d’Ormuz par les États-Unis.