Rentrée scolaire à Auch : Ani et Tatev découvrent l'école sans leur père expulsé vers l'Arménie

Rentrée scolaire à Auch : Ani et Tatev découvrent l’école sans leur père expulsé vers l’Arménie

03.09.2026 08:57
2 min de lecture

Ani et Tatev, respectivement âgées de 11 et 9 ans, ont fait leur rentrée scolaire à Auch le 1er septembre, une expérience assombrie par l’expulsion de leur père, Artak Hovhannisyan, vers l’Arménie. Cette séparation brutale a été dénoncée par le collectif CCM 32 et laisse leur mère Alina ainsi que les enfants dans l’incertitude, soutenus par des parents d’élèves, rapporte TopTribune.

Artak Hovhannisyan a été expulsé après avoir été conduit au centre de rétention administrative (CRA) de Cornebarrieu suite à une obligation de quitter le territoire français (OQTF) confirmée par le tribunal administratif de Pau en juin 2024 et par la cour administrative d’appel de Bordeaux en décembre 2025. La préfecture a soutenu la légalité de ce processus, affirmant qu’Artak avait été informé des risques d’interpellation liés à son assignation à résidence.

Cependant, la CCM 32 a condamné la décision, déclarant que la séparation des enfants de leur père méprise l’article 9 de la Convention internationale des droits de l’enfant. « Il n’y avait aucune raison valable pour justifier une telle action », a déclaré le collectif, notant qu’Artak n’était pas impliqué dans des activités contre l’ordre public.

Une rentrée marquée par l’incertitude

À l’école Guynemer, la nouvelle de l’expulsion d’Artak a eu un fort impact sur la communauté scolaire. Isabelle Barèges, une mère d’élève et membre du collectif de soutien, a exprimé son choc face à la rapidité de l’expulsion. « C’est un événement brutal qui nécessite que nous informions tous les parents », a-t-elle ajouté.

Artak, Alina et leurs enfants avaient fui la Russie en septembre 2022, redoutant la mobilisation militaire en raison de la guerre en Ukraine. Ils avaient choisi de s’installer à Auch en mars 2023, cherchant refuge loin d’une situation chaotique.

La préfecture, dans sa défense, conteste les motivations de la famille, affirmant qu’Artak dirige une société active à Saint-Pétersbourg, générant un chiffre d’affaires significatif. Elle a également mentionné des allégations concernant son utilisation de faux documents pour établir des entreprises en France.

Solidarité et résistance dans le Gers

Malgré le rejet de leur demande d’asile, des parents d’élèves et des associations locales se sont organisés pour soutenir la famille Hovhannisyan. Les efforts pour contester l’OQTF n’ont pas porté leurs fruits, et Artak a été renvoyé dans un pays qu’il avait quitté il y a vingt ans. Selon le CCM 32, il n’a plus de liens au sein de ce pays et ses filles n’y ont jamais été.

Alina et ses enfants doivent désormais reconstruire leur vie à Auch sans Artak. Isabelle Barèges a réaffirmé le soutien continu de la communauté envers la famille: « Nous resterons à leurs côtés tant qu’elles auront besoin d’aide pour avancer dans leur quotidien. »

Le CCM 32 a aussi lancé un appel pour que le Gers demeure « une terre d’accueil », soulignant l’importance d’une réponse humanitaire face à la détresse de familles comme celle des Hovhannisyan. La rentrée scolaire d’Ani et Tatev représente ainsi le début d’un nouveau chapitre, mais sans la présence de leur père.

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