Dette publique : Jean-Luc Mélenchon propose de ne plus payer une partie des intérêts de la dette française

Dette publique : Jean-Luc Mélenchon propose de ne plus payer une partie des intérêts de la dette française

11.09.2026 17:46
2 min de lecture

Propositions controversées de Jean-Luc Mélenchon sur la dette publique face à des taux d’emprunt record

Alors que les taux d’emprunt de la France atteignent des sommets inédits depuis la crise des subprimes de 2008, le candidat à l’élection présidentielle de La France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a proposé de « foutre au feu » une partie de la dette nationale, notamment celle détenue par la Banque Centrale Européenne, qui s’élève à environ 500 milliards d’euros, rapporte TopTribune.

Après ses déclarations, plusieurs de ses soutiens ont précisé sa position. Clémence Guetté, députée du Val-de-Marne, a déclaré : « Un cinquième de la dette est détenu par la Banque Centrale Européenne. Nous pourrions la transformer en dette perpétuelle à taux nul, ce qui ferait que la charge de la dette pour la France baisserait immédiatement. Nous pouvons avoir des alliés en Europe pour cette solution. »

Il ne s’agirait donc pas d’une annulation formelle de la dette, bien qu’une dette perpétuelle impliquerait qu’elle ne soit jamais remboursée. La France ne verserait plus les intérêts dus à la Banque Centrale Européenne. Cette solution a toutefois été qualifiée d’illégale par Christine Lagarde, présidente de la BCE, et jugée dangereuse par Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France. Il a affirmé : « Elle est illégale parce qu’elle est contraire aux traités. La zone euro, c’est une copropriété. Donc si nous ne payons pas les charges de copropriété, les autres copropriétaires vont nous dire ‘les amis, vous allez sortir’. »

C’est dangereux et c’est inutile parce que vous réduisez de 500 milliards la dette de l’État, mais vous faites un trou à la Banque de France de 500 milliards.

Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France

à RTL

Emmanuel Moulin a également noté qu’une telle démarche entraînerait une perte de confiance des investisseurs envers la France. Environ 56% des détenteurs de la dette française sont des investisseurs internationaux, tels que des banques et des fonds de pension, tandis que le reste inclut des institutions financières françaises. La perte de cette confiance pourrait amener certains prêteurs à ne plus accepter de financer la France, ou à le faire à des taux exorbitants, une situation déjà observée dans le passé avec la Grèce.

Parallèlement, tous les pays étant confrontés à une hausse des taux d’emprunt, la France, comme les États-Unis, émet des obligations à long terme avec des taux en forte augmentation. Le taux d’emprunt à 10 ans de la France dépasse actuellement les 4,4%, une situation inédite depuis 2008. L’écart avec l’Allemagne, connu sous le nom de spread, atteint également un niveau record, signalant une confiance décroissante dans les capacités financières françaises.

Avec une dette dépassant 3 500 milliards d’euros, la France est confrontée à une augmentation continue de son endettement depuis la pandémie et la politique du « quoi qu’il en coûte ». Cette dette représente plus de 117% de son produit intérieur brut, l’un des pires ratios dans la zone euro, aggravé par des déficits budgétaires chroniques.

Les frais d’intérêt continuent d’augmenter avec l’essor des taux d’emprunt, approchant 60 milliards d’euros cette année et risquant d’atteindre les 100 milliards d’ici peu. Ces montants deviendraient alors le premier poste budgétaire de l’État, devançant même ceux de l’Éducation nationale et de la Défense. Cette situation menace les investissements futurs, une préoccupation soulevée depuis plusieurs années par la Cour des comptes, qui appelle à un ajustement des déficits et des dépenses publiques pour stabiliser la dette.

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