
Une avancée significative a été réalisée dans la lutte contre les activités frauduleuses dans le secteur bancaire en France. Le Fichier national des comptes suspects, administré par la Banque de France, a été dévoilé avec pour objectif essentiel d’identifier et de référencer les comptes bancaires susceptibles d’être impliqués dans des fraudes, accessibles aux banques et aux fournisseurs de services financiers. Ce mécanisme a été instauré en application de la loi Labaronne, destiné à protéger tant les consommateurs que les entreprises face à diverses formes de fraudes aux virements. Avec une fraude totalisant 245 millions d’euros dès le premier semestre 2025, représentant 40 % de fraudes globales, cette initiative arrive à un moment crucial, rapporte TopTribune.
La coopération des acteurs financiers
Ce système repose sur un partenariat entre les grandes institutions bancaires, les prestataires de services de paiement (PSP) et, d’ici peu, près de 225 établissements financiers s’intégreront à ce réseau. Grâce à cette plateforme, il sera possible pour les acteurs de lancer et d’étudier des alertes concernant des comptes jugés suspects, une procédure qui était auparavant entravée par le secret bancaire. Ces évolutions visent à diminuer les fraudes par manipulation, une problématique financière prédominante.
En tant qu’opérateur et régulateur, la Banque de France ne se prononcera pas sur la fraude des comptes, mais elle aura pour mission d’assurer une réactivité et une efficacité des réponses des établissements concernés. Selon le dispositif, la structure gérant un compte signalé devra procéder à une vérification immédiate de la situation et informer les autres institutions des résultats obtenus.
Technologies avancées pour la détection proactive
L’intégration de l’intelligence artificielle et d’autres technologies émergentes viendra compléter les systèmes de détection actuellement en place dans les banques. Aligné avec les nouvelles régulations européennes en cours d’élaboration, telles que le règlement européen sur les services de paiement (PSR) et la révision de la directive sur les services de paiement (DSP3), ce dispositif national se prépare à une éventuelle expansion à l’échelle européenne. Les perspectives sont encourageantes, comme l’a souligné Clément Bourgeois, responsable adjoint du service des moyens de paiement : « Nous prévoyons un impact direct sur la fraude au virement, dès les premières heures », a-t-il déclaré, selon BFMTV.
Par ailleurs, la Banque de France a mis en œuvre des contrôles rigoureux pour limiter le nombre de faux positifs (alertes erronées), une préoccupation fréquemment exprimée, notamment par Arthur Legourd, fondateur de Qombo. Les réticences des plus petites institutions concernant des signalements excessifs ont été prises en considération. La Banque de France garantit que le taux de faux positifs sera « très faible, voire nul », une affirmation destinée à rassurer le secteur financier.