La parité politique stagne en France : les chiffres clés révélés par Oxfam en 2026

La parité politique stagne en France : les chiffres clés révélés par Oxfam en 2026

06.05.2026 08:59
2 min de lecture

Malgré le mouvement MeToo et une prise de conscience croissante concernant l’égalité entre les femmes et les hommes, la parité en politique en France connaît une stagnation, voire une régression dans certains domaines. Cette constatation ressort du deuxième index de la féminisation du pouvoir publié par Oxfam ce mercredi, rapporte TopTribune.

Un taux global de 28 %

L’index d’Oxfam, évaluant 26 indicateurs, examine quatre sphères de pouvoir : l’exécutif, le pouvoir parlementaire, le niveau local, et les « autres » pouvoirs, englobant les hautes juridictions comme le Conseil d’État et la Cour des comptes. Cette analyse ne se limite pas uniquement aux ministres ou parlementaires, mais inclut également les cabinets du Président et du Premier ministre, qui, selon la loi de 2023, doivent être à parité. Cependant, Oxfam constate qu’« aucun progrès en matière de parité n’est à signaler – le taux de féminisation stagne à 28 % ». Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam et ancienne ministre, s’interroge : « C’est un taux qui stagne malgré les municipales et le nouveau gouvernement Lecornu. »

13 villes préfectures sur 101

En analysant les élections municipales, il semble y avoir eu une légère amélioration, avec une augmentation de 2 % du nombre de femmes maires. Pourtant, parmi les 101 préfectures en France, seulement 13 sont dirigées par des femmes, un chiffre en forte diminution par rapport aux 21 de l’année précédente. Duflot souligne des situations alarmantes dans des régions comme le Centre-Val-de-Loire, où aucune femme n’est maire, ni dans le Grand-Est où il n’y a qu’une femme sur 11 préfectures. Au total, seulement 22 % des femmes dirigent un département ou une région, une baisse de 2,6 points par rapport à 2025.

47 % de femmes au gouvernement

Du côté du pouvoir exécutif, le gouvernement fait un effort avec 47 % de femmes, bien que ce chiffre soit en recul de 3 % par rapport à l’année précédente. Pour Duflot, « c’est facile d’avoir un gouvernement paritaire », mais elle fait remarquer un recul important des femmes dans le cabinet du Premier ministre, qui ne compte que 32 % de femmes, en baisse de 11 points. Malgré cela, Sébastien Lecornu ne risque aucune sanction, car la loi n’inclut des pénalités qu’en cas de non-publication des listes de nominations.

13 % de femmes dirigeant une commission à l’Assemblée

Les résultats au sein du pouvoir parlementaire sont encore moins satisfaisants. Actuellement, 39 % des députés et 38 % des sénateurs sont des femmes. Bien que les partis soient incités à respecter la parité sous peine de sanctions financières, Oxfam note une chute du nombre de femmes dans les présidences de commission, qui sont majoritairement contrôlées par des hommes. « C’est un gros recul », déclare Duflot, évoquant une augmentation qui reste très « hypocrite », car elle est en grande partie due à des dynamiques de suppléances masculine.

10 % de femmes à la tête des principaux partis

La représentation des femmes à la tête des partis politiques est encore plus préoccupante : seul Les Écologistes ont nommé une femme, Marine Tondelier, à leur tête. Duflot rappelle qu’à son époque, trois femmes dirigeaient des partis majeurs, déplorant un système qui maintient les femmes à l’écart des positions de décision. Il en résulte un cercle vicieux où les hommes à la tête des commissions d’investiture désignent principalement d’autres hommes.

Une note positive se trouve dans la nomination d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, entraînant une hausse de 20 % dans ce secteur. Toutefois, Duflot avertit que cette avancée masque un immobilisme persistant, surtout au sein du Conseil d’État où certaines fonctions sont toujours occupées uniquement par des hommes.

Oxfam appelle les décideurs politiques à « faire mieux » et insiste sur le fait que « le pouvoir ne doit pas être l’apanage des hommes ». Cécile Duflot, face à cette réalité, reste silencieuse sur un éventuel retour en politique, précisant simplement que le monde politique est « toujours plus difficile pour les femmes », une situation qui l’a poussée à « prendre du recul ».

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