À 8 h 30, la kinésiologue Mylène Aubertin-Leheudre reçoit une équipe de recherche à Montréal pour démontrer l’importance d’intégrer de courtes séances d’activité physique dans le quotidien. Des études récentes montrent que même de brèves périodes d’exercice peuvent avoir un impact significatif sur la santé, rapporte TopTribune.
Mylène Aubertin-Leheudre, professeure à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et chercheuse au Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, souligne que les recommandations concernant la durée minimale d’exercice ont évolué. « Pendant longtemps, on a cru qu’il fallait absolument faire 30 minutes d’exercice d’affilée pour activer tout l’organisme. Et puis la science a évolué », déclare-t-elle.
Vers la fin des années 2010, des comités scientifiques ont abandonné l’exigence de séquences d’au moins 10 minutes, affirmant que « chaque minute compte ». Quelle que soit la manière dont on pratique l’exercice, en continu ou de manière segmentée, les bénéfices apparaissent être similaires.
Le concept des « collations d’exercice », développé ces cinq dernières années, connaît un intérêt croissant. Ces courtes périodes d’activité intense, durant une à cinq minutes, s’inscrivent dans l’idée de rendre l’exercice plus accessible au grand public.
Une approche accessible
Mylène Aubertin-Leheudre insiste sur l’importance d’intégrer ces collations dans une routine quotidienne. Amanda Daley, professeure de médecine comportementale à l’Université Loughborough au Royaume-Uni, renchérit : « Quand on l’associe à ce qu’on fait déjà, ça aide à créer l’habitude ».
Santé Canada recommande au moins 150 minutes d’activité physique modérée à vigoureuse par semaine, accompagnées de deux séances de renforcement musculaire. Les recherches d’Alexis Marcotte-Chénard, kinésiologue et professeur adjoint à l’Université de Sherbrooke, corroborent l’idée que des entraînements par intervalles, avec des pics d’effort intense, peuvent offrir les mêmes avantages que les exercices continus, mais dans un temps réduit.
Il est noté que les collations d’exercice permettent d’accumuler des moments d’intensité cardiaque et de réduire la sédentarité, souvent liée à des maladies chroniques. Amanda Daley souligne que même pour les individus déjà actifs, ces courtes périodes d’exercices sont bénéfiques, en particulier pour contrer les effets nocifs d’un mode de vie sédentaire.
Briser la sédentarité
Les professionnels de la santé, au Royaume-Uni, promeuvent des concepts comme la « Snacktivity » pour encourager une culture d’activité, même pour des actions quotidiennes telles que monter des escaliers ou réaliser des exercices pendant les pauses au bureau. « Il est essentiel de se lever et de bouger », souligne Mylène Aubertin-Leheudre, qui préconise d’intégrer ces activités pendant le trajet à pied, comme faire des intervalles de marche rapide.
Les moments de transport, tels que débarquer un arrêt plus tôt de l’autobus ou se garer loin de l’entrée, constituent des occasions parfaites pour ajouter des collations d’exercice. La kinésiologue recommande même de faire des exercices pendant les pauses publicitaires lors de séances de télévision, soulignant ainsi la flexibilité de ces petites sessions d’activités physiques.
En fin de compte, l’intégration de ces courtes périodes d’exercice peut rapidement s’accumuler à des niveaux significatifs, permettant ainsi d’atteindre, voire de dépasser, les recommandations d’activité physique hebdomadaire.