Jordan Bardella signe un accord avec Reform UK sur l'immigration, suscite de vives critiques en France

Jordan Bardella signe un accord avec Reform UK sur l’immigration, suscite de vives critiques en France

06.09.2026 13:16
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Le président du RN a signé un texte avec le chef du parti Reform UK prévoyant, en cas d’arrivée au pouvoir, le renvoi vers la France de migrants interpellés dans les eaux britanniques, rapporte TopTribune.

Le 4 septembre, Jordan Bardella, président du Rassemblement National (RN), a officialisé un protocole d’accord avec Nigel Farage, leader du parti britannique Reform UK, lors d’un congrès à Birmingham. Cet accord prévoit le renvoi vers la France des migrants interceptés dans les eaux britanniques. Cette initiative a immédiatement suscité une forte opposition de la classe politique française, allant de Jean-Luc Mélenchon à Édouard Philippe.

Jordan Bardella et Reform UK

Dans un discours de vingt minutes prononcé en anglais, Bardella a promis que son éventuel gouvernement, en cas de victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2027, mettrait en œuvre des mesures pour que la France cesse d’être la porte d’entrée de l’immigration illégale vers le Royaume-Uni. Ce serment a été concrétisé par la signature d’un protocole d’accord avec Farage.

Le document stipule que, si ces partis prennent le pouvoir, ils s’engagent à mener une politique migratoire nationale restrictive. Parmi les mesures, il est indiqué que tout migrant illégal arrivant au Royaume-Uni depuis la France serait immédiatement placé en détention et expulsé vers son pays d’origine, sans possibilité de demander l’asile.

La mesure la plus controversée envisage que le Royaume-Uni intercepte les embarcations en provenance de France et renvoie les passagers vers la France, qui, à son tour, les renverrait dans leur pays d’origine. Farage a affirmé que cela empêcherait les migrants d’atteindre le Royaume-Uni.

Réactions critiques immédiates

Cette signature a rapidement été critiquée. Benjamin Haddad, ministre de l’Europe, a qualifié l’accord d’« humiliation » et de « soumission contraire à nos intérêts et notre souveraineté ». Édouard Philippe a souligné qu’il ne s’attendait pas à un revirement du RN concernant le traitement des migrants, en insinuant que Marine Le Pen pourrait ne pas être d’accord avec cette position.

Bardella a riposté, accusant ses détracteurs de créer des problèmes. « Les camps de migrants dans le nord de la France, c’est vous, » a-t-il déclaré, ajoutant que son parti ferait ce que ses opposants ont échoué à réaliser. Gabriel Attal, candidat Renaissance à la présidentielle, a qualifié la démarche de Bardella de « faiblesse indigne », tandis que Mélenchon a dénoncé un manque de dignité nationale.

Les candidats à la présidentielle réagissent

Lors d’un discours à la braderie de Lille le 5 septembre, Mélenchon a qualifié les déclarations de Bardella de « lamentables ». Il a critiqué la promesse faite aux « fascistes anglais » selon laquelle la France prendrait tous les migrants que le Royaume-Uni souhaitait renvoyer.

Gabriel Attal a trouvé l’engagement de Bardella « absolument sidérant », soulignant un niveau de « soumission » sans précédent du RN. Xavier Bertrand a également critiqué cette position, évoquant « la prosternation » de Bardella devant Farage, le qualifiant de « sous-traitant de la Grande-Bretagne ».

Le RN face à la gestion de la polémique

Face à la controverse, Bardella a tenté de clarifier : « Le protocole ne prévoit pas que nous laissions passer des migrants et que ceux-ci soient renvoyés sur les côtes françaises. Ce protocole vise à mettre fin à l’immigration clandestine en France. » Il a également affirmé que l’accord n’entraînerait pas le renvoi de migrants interceptés, affirmant qu’« il n’y aura plus de migrants traversant la Manche ».

Malgré ces tentatives de justification, le RN semble peiner à expliquer cette entente, surtout en tant que parti ayant fait de la lutte contre l’immigration clandestine son principal cheval de bataille. Edwige Diaz, membre du RN, a insinué que ses opposants créaient des polémiques sans fondement, affirmant que les migrants seront placés en détention avant leur éventuelle expulsion. Les détails concernant les dépenses liées à ce protocole restent flous, bien que le député Laurent Jacobelli ait mentionné que les coûts seraient « équitablement répartis » entre Paris et Londres.

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