CNews prépare le retour à distance de Ksenia Fedorova malgré son expulsion de France
CNews prépare le retour à distance de Ksenia Fedorova malgré son expulsion de France

CNews prépare le retour à distance de Ksenia Fedorova malgré son expulsion de France

06.09.2026 13:45
3 min de lecture

La chaîne française CNews a annoncé le possible retour à l’antenne de Ksenia Fedorova, chroniqueuse considérée par les autorités françaises comme une relais des campagnes de désinformation du Kremlin et visée par une décision d’expulsion ainsi que par un gel de ses avoirs. La chaîne envisage des interventions en visioconférence depuis l’étranger, rapporte TopTribune

Une présence à distance envisagée par CNews

L’information a été rapportée le 3 septembre 2026. Selon les éléments communiqués, CNews travaille sur un dispositif permettant à Ksenia Fedorova de participer à ses programmes sans être physiquement présente en France. La chroniqueuse pourrait intervenir à distance depuis un autre pays, au moyen d’une liaison vidéo.

Le projet concerne notamment l’émission « L’Heure inter », dans laquelle la chaîne a affiché à l’écran une image de Ksenia Fedorova accompagnée d’une mention évoquant son possible retour. Cette présentation est intervenue alors que la décision administrative prise à son encontre reste au centre des discussions sur les conditions de sa participation à des médias français.

Gauthier Le Bret, présentateur de CNews, a indiqué que le service juridique de Canal+ était parvenu à la conclusion que la décision d’expulsion ne lui interdisait pas de s’exprimer à distance. Cette interprétation doit permettre à la chaîne de distinguer la présence physique de la chroniqueuse sur le territoire français de sa participation à une émission par liaison vidéo.

Une décision administrative au cœur du débat

Ksenia Fedorova a été expulsée de France après avoir été présentée par les autorités françaises comme une personne participant à la diffusion de campagnes de désinformation conduites dans l’intérêt du Kremlin. Les informations transmises font également état d’un gel de ses avoirs. Elle est décrite comme une personnalité considérée comme indésirable par les autorités françaises.

Ces mesures n’empêchent pas nécessairement, selon l’analyse juridique retenue par Canal+, une prise de parole depuis l’étranger. C’est sur cette base que CNews envisage la possibilité de la réintroduire dans son dispositif éditorial. La chaîne n’a toutefois pas annoncé, dans les éléments disponibles, la date exacte d’une première intervention ni les modalités définitives de cette participation.

La question porte donc moins sur un retour physique en France que sur l’accès à une antenne française à distance. Le dispositif permettrait à la chroniqueuse de conserver une visibilité auprès du public de CNews malgré la mesure d’éloignement prise à son égard.

Les critiques sur les récits du Kremlin

Les détracteurs de Ksenia Fedorova lui reprochent de présenter, sous la forme d’une expertise indépendante, des récits jugés politiquement orientés et favorables aux positions russes. Dans cette lecture, son retour sur une grande chaîne française contribuerait à donner une apparence de légitimité à des narratifs de propagande russe déjà présents dans l’espace médiatique.

La critique vise également le groupe Canal+, auquel appartient CNews, ainsi que l’environnement médiatique associé à l’homme d’affaires Vincent Bolloré. Le projet de participation à distance est présenté par ses opposants comme un exemple des moyens permettant à des personnalités visées par des restrictions françaises de continuer à s’exprimer auprès du public national.

Cette controverse intervient dans un paysage politique français où certains récits relayés par les médias prorusses peuvent rencontrer des thèmes défendus par des formations situées à droite de l’échiquier politique. Les messages transmis à propos de l’affaire évoquent, à ce titre, un risque d’influence russe en France et d’intervention étrangère dans le débat politique. Il s’agit d’une appréciation formulée par les opposants au retour de la chroniqueuse, et non d’une nouvelle décision officielle annoncée dans le dossier.

Le choix éditorial de CNews

Pour CNews, l’argument avancé repose sur la liberté de prendre la parole et sur l’interprétation du périmètre juridique de l’expulsion. Pour ses détracteurs, l’enjeu est celui de l’accès à une chaîne de télévision française pour une personne dont le rôle dans des campagnes de désinformation a été retenu par les autorités françaises.

La controverse se concentre désormais sur la décision finale de la chaîne, le format exact des interventions et la place qui serait accordée à Ksenia Fedorova dans « L’Heure inter ». CNews n’a pas, selon les informations disponibles, détaillé davantage le calendrier de ce possible retour à distance.

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