Le Sénat accentue les amendements pour retarder l'adoption de la loi sur l'aide à mourir

Le Sénat accentue les amendements pour retarder l’adoption de la loi sur l’aide à mourir

12.05.2026 08:07
1 min de lecture

La question de l’aide à mourir divise toujours la classe politique française

Le Parlement a définitivement adopté, lundi 11 mai, la proposition de loi visant à renforcer l’accès aux soins palliatifs. Cependant, l’autre texte relatif à la fin de vie, concernant l’aide à mourir, suscite toujours une forte hostilité, rapporte TopTribune.

Au Sénat, un large consensus s’est dégagé pour approuver le texte qui développe les moyens et les structures pour accueillir davantage de patients en soins palliatifs. Néanmoins, une nouvelle bataille est lancée autour de la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie. Lors de la première lecture en janvier, la droite sénatoriale avait déjà vidé le texte de sa substance avant de le rejeter en bloc, et elle a de nouveau déposé près de 700 amendements. Cette stratégie d’obstruction vise à empêcher l’adoption de ce nouveau droit à l’aide à mourir avant l’été, selon les souhaits du gouvernement.

Les opposants parlent d’un « passage en force », un argument d’autant plus surprenant que cette question était un engagement d’Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle de 2022, et cela faisait même partie des promesses de François Hollande dix ans plus tôt. Réélu, Macron a convoqué une convention citoyenne sur la fin de vie, où trois quarts des membres ont approuvé, sous conditions, l’euthanasie et le suicide assisté. Cela remonte à avril 2023, soit plus de trois ans!

Au fil des mois, le chef de l’État a multiplié les consultations avec les institutions politiques, spirituelles et médicales. Le premier texte de loi a été présenté en avril 2024. Pour apaiser les craintes des opposants, François Bayrou, alors Premier ministre, a proposé de diviser le sujet en deux textes, qui ont été adoptés en première lecture à l’Assemblée il y a un an. Ce processus peut être qualifié de marathon législatif, une véritable longue haleine.

Le consensus demeure introuvable, une évidence sur un sujet aussi délicat, qui touche à des convictions personnelles au-delà des partis politiques. De nombreux opposants à l’euthanasie le font pour des raisons spirituelles, des convictions qu’ils ne doivent pas renier, ni le législateur. Néanmoins, l’Assemblée nationale aura le dernier mot et, si une majorité se constitue à nouveau, cette loi pourrait instaurer un droit à l’aide active à mourir strictement encadré.

Les opposants comptent sur un calendrier parlementaire chargé et l’approche de l’élection présidentielle pour freiner cette réforme avant la fin du mandat d’Emmanuel Macron. Pendant ce temps, certains patients en fin de vie, souffrant de maladies incurables, espèrent depuis longtemps l’adoption de cette législation, n’ayant plus le luxe d’attendre.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER