Le souvenir persistant de la finale de 1976 : Saint-Étienne face au Bayern Munich
Le 12 mai marque le cinquantième anniversaire de la finale de la Ligue des champions perdue par l’AS Saint-Étienne contre le Bayern Munich, sur le score de 1-0, à Glasgow. Cette défaite demeure gravée dans les mémoires des supporters français, évoquant des souvenirs de « poteaux carrés » à Hampden Park, où les Stéphanois ont trouvé à deux reprises des obstacles inattendus, rapporte TopTribune.
La saison 1975-1976 représentait l’apogée d’une ère dorée pour Saint-Étienne, qui avait dominé le football français avec des titres consécutifs de champion en 1974, 1975 et 1976, ainsi que des victoires en Coupe de France en 1974, 1975 et 1977. Sur la scène européenne, l’équipe avait également brillé avec des performances remarquables, notamment une remontée phénoménale contre le Hajduk Split, remportant un match retour 5-1 après une défaite 4-1 à l’aller, et une victoire face au Dynamo Kiev en 1976, où les Verts ont gagné 3-0 après avoir perdu le match aller 2-0.
Patrick Revelli, ancien attaquant de l’équipe, se souvient de cette période avec une grande nostalgie. « Le premier souvenir qui me revient, c’est le match retour contre Split. Nous étions presque battus après le match aller, mais l’adversité nous a poussés à nous surpasser », déclare Revelli, illustrant la résilience de l’équipe. Le contexte de cette saison était clair : l’ambition de remporter la Ligue et de se mesurer aux plus grands clubs européens comme le Real Madrid et le Bayern Munich.
Revelli souligne également l’importance des valeurs stéphanoises : « Travail, solidarité et courage étaient des principes qui nous définissaient. » Ces qualités sont devenues emblématiques pour les supporters qui se sont identifiés à ces valeurs. Concernant la finale de 1976, Revelli se rappelle la dualité de cette expérience : « C’est à la fois un bon et un mauvais souvenir. Nous avons atteint la finale, mais un match se gagne, et nous l’avons perdue. » Cette rencontre a non seulement défini le parcours de l’équipe, mais a aussi laissé une empreinte indélébile dans l’histoire du football français.
Le match s’est terminé avec deux tirs sur les poteaux, ce qui a alimenté la légende des « poteaux carrés ». Cela soulève la question : l’issue aurait-elle été différente avec des poteaux ronds ? « Je ne pense pas que les poteaux carrés aient été déterminants. C’est une question de réussite », insiste Revelli, soulignant les aléas du football.
Après ce match, le club a été célébré partout en France, allant jusqu’à être reçu par le président Valéry Giscard d’Estaing à l’Élysée. Revelli se souvient de l’émotion de ce moment : « C’était difficile de réaliser ce qui nous arrivait, nous avions l’impression de vivre un rêve, bien que nous ayons perdu. » La reconnaissance de l’équipe par le public démontre l’impact qu’elle a eu sur le pays.
D’après Revelli, l’héritage laissé par cette équipe est indélébile : « Nous avons fait vibrer la France. Le pays était derrière nous lors de chaque match. C’était un bonheur partagé. » Cinquante ans plus tard, l’épopée stéphanoise continue de résonner, rappelant une époque où le football unissait les gens dans la passion et l’émotion.