Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a appelé à « arrêter de jouer avec l’impôt » afin de réduire le déficit budgétaire de la France, lors de ses vœux prononcés à Paris lundi. Ses déclarations interviennent à la veille de la reprise des discussions concernant le budget 2026 au sein de l’Assemblée nationale. « La sagesse est d’arrêter de jouer avec l’impôt. La créativité fiscale dans les joutes parlementaires, fût-elle virtuelle, a un effet très réel et négatif sur le moral des entrepreneurs », a-t-il précisé, rapporte TopTribune.
« Stabiliser les dépenses »
Le Parlement, qui a peiné à adopter un budget pour la fin de l’année 2025, demeure très divisé sur les questions fiscales. Selon Villeroy de Galhau, « il suffit d’un alliage assez clair : d’abord et surtout, stabiliser les dépenses en volume, qui sont en France les plus élevées non seulement d’Europe, mais du monde. Et du côté des recettes, notre pays peut et doit rendre l’impôt à la fois plus stable et plus juste ».
Il a estimé que « ramener notre déficit public total à 5 % du PIB au maximum en 2026 est à la fois indispensable, et encore atteignable ». Concernant la politique monétaire, il a plaidé pour un maintien de la stabilité en 2026, déclarant, « on ne change pas une politique monétaire qui gagne ».
Pas de relèvement des taux d’intérêt
Villeroy de Galhau a critiqué ceux qui jugent la politique monétaire de la Banque centrale européenne trop restrictive, rappelant qu’elle est « plus accommodante » que celle de la Réserve fédérale américaine. Il a également rejeté l’idée selon laquelle un relèvement des taux pourrait avoir lieu cette année, affirmant, « sauf choc improbable, c’est une théorie fantaisiste ».
Enfin, il a exprimé son soutien au président de la Fed, Jerome Powell, dont l’indépendance fait l’objet d’attaques sévères de la part du président américain, Donald Trump. « Sur la Fed, et vous avez vu les événements des derniers jours, je tiens à redire fort et clair ma totale solidarité et mon admiration pour Jay Powell, modèle d’intégrité et d’engagement pour l’intérêt public », a-t-il conclu.