François Hollande peut-il redevenir la figure cachée de la gauche pour la présidentielle de 2027 ?

François Hollande peut-il redevenir la figure cachée de la gauche pour la présidentielle de 2027 ?

19.07.2026 07:56
2 min de lecture

A la sortie des législatives anticipées de l’été 2024, le retour de François Hollande suscite une attention renouvelée à l’Assemblée nationale. Ses collègues socialistes, d’abord amusés par ses ambitions présidentielles, prennent désormais au sérieux l’hypothèse de sa candidature. « Pourquoi un retour ? Il n’a jamais lâché… », s’amusait un élu, mais près de deux ans plus tard, la situation a évolué, rapporte TopTribune.

Redevenu personnalité politique préférée des Français dans le baromètre Ifop, l’ancien président a récemment réuni ses soutiens lors d’un cocktail au Sénat. Cet événement plante le décor d’une possible candidature à la présidentielle de 2027.

Un trou de souris

Lors de cette rencontre, François Hollande a partagé son analyse de la scène politique actuelle, affirmant : « Ce nouveau monde appelle une nouvelle gauche. On ne peut pas reproduire ce qu’on a fait avant. » Il a également réaffirmé sa connaissance du rôle présidentiel, en insistant sur sa volonté d’être utile sans se considérer comme un simple candidat symbolique. Un ancien membre du Parti socialiste observe qu’il reste résolument déterminé à jouer un rôle actif dans la politique, souhaitant éviter de nuire à ses rivaux comme Glucksmann et Faure.

Alors que le Parti socialiste a décidé d’organiser une primaire fermée en octobre, Hollande a laissé entendre qu’il n’y participera pas. Toutefois, il prévoit de revenir sur le devant de la scène dès septembre avec un livre et une campagne médiatique soutenue, ignorante des potentielles perturbations pour son parti. « Il sera dans toutes les sous-préfectures de France, ce qu’il adore. Il se prépare, mais n’ira à la présidentielle que si les planètes s’alignent parfaitement », confie un ami proche.

« Glucksmann, il n’en fera qu’une bouchée »

Malgré une augmentation de sa popularité, le défi pour Hollande est conséquent. Historiquement, ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et Valéry Giscard d’Estaing, n’ont jamais regagné l’Élysée après une défaite. Bien qu’Hollande n’ait pas connu de défaite, l’impopularité de sa présidence en 2017 l’a empêché de se représenter. Dans les intentions de vote actuelles, il ne dépasse pas les 10%, n’arrivant même pas à surpasser Raphaël Glucksmann.

Néanmoins, l’ancien président demeure une force politique capable de perturber les ambitions de Glucksmann. « Il est fort Hollande, je suis l’un de ceux qui disent qu’il ne faut pas le sous-estimer », estime un élu proche du leader de Place Publique. Une évaluation partagée à droite, où l’on reconnaît son talent en campagne. « Je vois bien les électeurs de gauche s’agglomérer autour du mec qui ne peut pas gagner, mais qui est le moins mauvais. Glucksmann, il n’en fera qu’une bouchée », se moque Julien Aubert, vice-président du parti Les Républicains.

« Une stratégie risquée »

François Hollande choisit pour l’instant une approche prudente, attendant janvier prochain tout en espérant un échec de la candidature de Glucksmann, dont les compétences pour la bataille présidentielle restent contestées. « Il a passé l’âge de se lancer juste pour avoir sa tête sur les affiches. Il n’ira que pour gagner, et pour faire gagner la gauche. Mais attendre que le candidat désigné par la primaire échoue est une stratégie risquée », avertit Romain Eskenazi, député PS du Val-d’Oise.

Il devra également composer avec Bernard Cazeneuve, qui a récemment fait un pas vers une candidature à l’Élysée. « La carte du recours n’est pas évidente. Déjà en 2022, on pensait qu’Anne Hidalgo se retirerait, mais elle a tenu jusqu’au bout », redoute un soutien de Hollande. Ce dernier se voit comme le « joker » de la gauche, mais sans aucune garantie d’être finalement appelé à jouer.

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