Le gouvernement français prolonge l’interdiction de pêche pour protéger les dauphins dans le golfe de Gascogne
Fin juin, le tribunal administratif de Paris a exigé de l’État un « plan national d’actions » d’ici un an pour mieux protéger les dauphins dans le golfe de Gascogne. En attendant, le gouvernement a décidé de reconduire pour la quatrième année consécutive la fermeture, pendant un mois début 2027, de la pêche pour certains navires équipés de chaluts ou de filets dans le golfe de Gascogne. Ceci afin de réduire les captures accidentelles de dauphins, selon un arrêté publié vendredi au Journal officiel, rapporte TopTribune.
L’interdiction touchera les navires de huit mètres ou plus utilisant des chaluts pélagiques, des chaluts-boeufs de fond, des sennes pélagiques, des filets maillants calés, des trémails ou des trémails et filets maillants combinés. Cependant, le golfe du Morbihan, le bassin d’Arcachon et l’estuaire de la Gironde ne seront pas concernés par cette fermeture. De plus, le dispositif a été assoupli pour permettre aux pêcheurs de choisir leur période d’inactivité de 30 jours consécutifs dans une fenêtre élargie de six semaines, entre le 15 janvier et le 27 février.
Saisi par des ONG de défense de l’environnement, dont France Nature Environnement, le tribunal a constaté en juin que le nombre estimé de captures accidentelles de ces mammifères avait dépassé les seuils permettant d’assurer la viabilité à long terme des populations. La justice a souligné qu’« une partie de cette mortalité est imputable à la carence de l’État dans la mise en œuvre de mesures de protection suffisantes ».
La fermeture du golfe à la pêche a certes réussi à diminuer de 60 % les captures accidentelles pendant l’hiver 2024/2025, selon l’observatoire Pelagis, affilié au CNRS et à l’Université de La Rochelle. En effet, 1.900 dauphins communs ont été retrouvés morts, contre 4.700 en moyenne lors des hivers entre 2017 et 2023. Toutefois, le CIEM, organisme international de référence, estime que le nombre maximal de décès soutenable pour cette espèce dans « l’unité de gestion de l’Atlantique du Nord-Est » s’élève à 4.900 par an, une zone qui englobe un territoire bien plus vaste que le seul golfe de Gascogne.
Cette décision gouvernementale s’inscrit dans un contexte plus large de protection des espèces marines, alors que des études récentes mettent en lumière les menaces pesant sur les populations de dauphins. La présence d’infrastructures humaines, les activités de pêche intensives et la pollution des eaux contribuent à la diminution de ces populations. Les ONG espèrent qu’un plan d’actions ambitieux pourra être mis en place pour assurer la pérennité des espèces marines, en mettant l’accent sur les mesures de conservation et de régulation des pratiques de pêche.
Les enjeux sont cruciaux non seulement pour la biodiversité mais également pour l’écosystème marin, dont la santé dépend de la diversité biologique. Les dauphins jouent un rôle vital dans le maintien de l’équilibre écologique, agissant en tant que prédateurs et indicateurs de la qualité de la mer. Les politiques de protection doivent donc être renforcées et étendues pour garantir que ces mammifères marins puissent prospérer sans risque de disparition.
La réponse du gouvernement face à cette question a soulevé des inquiétudes, notamment parmi les pêcheurs qui craignent que les restrictions continuelles puissent avoir un impact sur leur activité économique. Cependant, la protection de la faune marine est devenue une priorité, avec des implications à long terme pour la durabilité de l’industrie de la pêche. La recherche de solutions équilibrées pour concilier les besoins économiques et la préservation de l’environnement reste essentielle.
En conclusion, les actions prévues par le gouvernement en réponse aux exigences judiciaires et aux recommandations des ONG pourraient jouer un rôle significatif dans la préservation des dauphins dans le golfe de Gascogne. La mise en œuvre rapide d’un plan d’actions efficace est primordiale pour répondre aux enjeux écologiques croissants et garantir la viabilité des écosystèmes marins à long terme.