Tensions croissantes au PS à l’approche de la primaire de 2027
À quelques mois de la primaire, le Parti socialiste (PS) est en proie à des tensions croissantes, exacerbées par la candidature de Raphaël Glucksmann et les règles du scrutin, qui suscitent des débats intenses. Ces dissensions reflètent également des stratégies divergentes pour l’élection présidentielle de 2027 : élargir le rassemblement de la gauche pour s’imposer ou opter pour une ligne plus traditionnelle, rapporte TopTribune.
Les affrontements entre les candidats se font sentir alors que l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve avertit d’un « climat de règlement de comptes » qui règne autour de cette primaire « mortifère ». Selon lui, les tensions sont amplifiées par les « chausse-trapes et les déclarations fielleuses » qui ternissent une compétition déjà critiquée. Cela vient des critiques externes, comme celles de Cazeneuve ou de François Hollande, mais aussi de candidats souhaitant s’engager, comme l’ex-Insoumis François Ruffin et l’écologiste Marine Tondelier.
Olivier Faure, premier secrétaire du PS, souhaite réduire le coût de participation de 15 euros pour les électeurs non membres et élargir le périmètre de cette primaire, se démarquant ainsi des décisions prises par les militants socialistes, qui ont voté, à 56 %, contre cette proposition le 9 juillet. En encourageant des alliances parfois tangentes, Faure semble vouloir faire appel à François Ruffin, un critique acharné du PS, qui a auparavant qualifié le parti de « sans boussole ». Les deux hommes partagent un objectif commun : freiner la montée de Glucksmann.
Glucksmann, qui représente Place publique, est perçu comme trop modéré par ses rivaux, qui le taxent parfois de « libéral » et de vouloir attirer des anciens soutiens macronistes, une stratégie que certains estiment nécessaire pour que la gauche dépasse le plafond des 30 % et puisse gagner. La question se pose alors : les socialistes souhaitent-ils réellement remporter l’élection présidentielle et retrouver le pouvoir ?
Les intentions de vote pour Glucksmann oscillent entre 10 et 14 %, ce qui lui permet de contester le leadership à gauche face à Jean-Luc Mélenchon. En revanche, Faure, à 3 % dans les sondages, est soupçonné de planifier déjà l’après-défaite, cherchant à préserver un groupe PS à l’Assemblée grâce à une nouvelle alliance avec La France insoumise (LFI). Bien qu’il soit perçu comme favori, Glucksmann pourrait voir son parcours compromis par des choix stratégiques au sein du PS, qui a historiquement écarté des candidats en vue au profit de figures moins populaires mais jugées plus conformes.
Il est également utile de garder à l’esprit que les socialistes ont déjà connu des échecs retentissants, comme le score d’1,7 % d’Anne Hidalgo lors de l’élection de 2022.