Les boutiques solidaires réduisent les émissions de CO2 par rapport à Vinted, selon Oxfam

Les boutiques solidaires réduisent les émissions de CO2 par rapport à Vinted, selon Oxfam

10.09.2026 19:46
2 min de lecture

Les boutiques solidaires vs. les plateformes de revente : Une étude révèle des disparités écologiques

Toutes les secondes mains ne se valent pas sur le plan écologique. Une étude de l’ONG Oxfam publiée ce jeudi démontre que les boutiques solidaires génèrent jusqu’à cinq fois moins de CO2 que les plateformes commerciales de revente en ligne, telles que Vinted, rapporte TopTribune.

Ce rapport met en lumière les disparités d’impact environnemental alors que l’engouement pour les articles d’occasion continue de croître en France. Selon une modélisation effectuée par le cabinet RDC Environnement pour Oxfam, les modèles économiques derrière le terme « seconde main » révèlent des objectifs souvent opposés.

Les boutiques solidaires, qui prennent en charge localement les étapes de tri, de collecte et de revente, se différencient des friperies lucratives qui importent massivement leurs vêtements depuis l’étranger. Cela engendre un coût environnemental considérable, notamment dû aux transports. Les plateformes numériques, quant à elles, « multiplient les emballages et les moyens de transport » via l’envoi de colis, a déclaré Eloïse Bazin, responsable plaidoyer à Oxfam France, lors d’une présentation presse.

Vinted, cependant, défend sa position en affirmant qu’un achat sur sa plateforme permet d’éviter en moyenne 2,39 kg d’équivalent CO2 par article par rapport à un achat neuf. Toutefois, pour Oxfam, les objectifs des différentes entités ne sont pas comparables.

Les conséquences d’une surconsommation croissante

Oxfam, Emmaüs, Le Relais et la Croix-Rouge se consacrent à favoriser le réemploi des vêtements tout en permettant l’insertion de personnes vulnérables dans leurs boutiques, contrairement aux acteurs commerciaux qui visent à maximiser les bénéfices. Des grandes marques de mode s’associent également à ce marché en ouvrant des espaces dédiés à l’occasion dans leurs magasins.

Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France, dénonce la manipulation des consommateurs par les grandes marques, qui délivrent des bons d’achat en échange de vêtements usagés, ce qui, selon elle, incite à l’achat encore plus important que le montant du bon. Pour Oxfam, le modèle économique des plateformes numériques « repose moins sur la réduction de la consommation que sur l’intensification des échanges », renforçant ainsi les mécanismes de l’e-commerce traditionnel.

Vinted se présente comme un complément aux associations caritatives, affirmant que son service « Vinted Pro » permet aux organisations caritatives de vendre directement sur leur plateforme. En 2024, la France se révélait être un marché important pour Vinted, selon Adam Jay, un de ses hauts dirigeants.

Cécile Duflot explique que la France, en raison d’un réseau de boutiques solidaires moins développé, constitue une « exception européenne ». Au Royaume-Uni, les « charity shops » sont bien implantés et bénéficient d’exonérations fiscales, ce qui favorise le secteur associatif.

La seconde main est perçue comme une alternative acceptable si elle remplace l’achat neuf, mais ne répond pas au problème de la surconsommation si elle ne l’est pas. Eloïse Bazin alerte sur le fait que bien que la seconde main ait gagné du terrain en France, augmentant de 4,8 % entre 2024 et 2025, représentant désormais 7 % des achats textiles, « le secteur lucratif prend de plus en plus de place », prévient Oxfam, notant que six vêtements de seconde main sur dix sont désormais vendus sur ces marchés.

Cette tendance soulève des questions cruciales sur les choix de consommation au sein de la société française. Les résultats de cette étude appellent à une réflexion approfondie sur les pratiques d’achat durables et l’impact environnemental de nos décisions de consommation quotidiennes. En conclusion, il est impératif d’évaluer l’évolution du marché et ses conséquences sur l’environnement, tout en promouvant une consommation responsable qui respecte les valeurs d’insertion et de solidarité prônées par les acteurs associatifs.

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