Face aux défis croissants du changement climatique, des grandes villes d’Europe peinent à mettre en œuvre des adaptations efficaces, selon une étude récente publiée par le Lancet. Alors que ces initiatives incluent des efforts de verdissement et des mobilités douces, leur mise en œuvre reste désespérément lente, rapporte TopTribune.
Des millions d’Européens vivant dans des zones urbaines sont de plus en plus exposés à des risques tels que des vagues de chaleur, la propagation de maladies infectieuses, des incendies de forêt et une concentration accrue de pollen. L’étude analyse 28 indicateurs reliant le climat et la santé dans les 850 plus grandes villes du continent.
Un risque incendie en hausse de 7 %
Selon les auteurs de l’étude, la mortalité due à la chaleur dans les villes du sud de l’Europe a augmenté de 161 % entre 1991 et 2000 par rapport à 2015-2024. En parallèle, le risque d’incendies de forêt dans ces mêmes villes a augmenté de 7 % entre 2003 et 2023. Les conditions climatiques favorables à la transmission de la dengue ont progressé de 369 % dans les villes d’Europe de l’Est durant la période de 1982 à 2024, tandis que les niveaux de pollen ont plus que doublé dans le sud et l’est de l’Europe au cours de la même époque.
Malgré ces statistiques alarmantes, des actions d’adaptation au réchauffement climatique continuent de voir le jour dans les plus grandes villes. Les chercheurs ont noté que plus de 1.500 initiatives ont été identifiées, incluant des systèmes d’alerte précoce et l’augmentation de la couverture végétale et des espaces verts.
Des solutions « bien connues, mais peu appliquées »
Environ 88 % des 533 plus grandes villes d’Europe, comptant plus de 100.000 habitants, ont enregistré une réduction de la chaleur urbaine de surface entre 2014 et 2019, avec une diminution de température moyenne de 0,7 °C. Les villes ayant mis en place des initiatives de verdissement enregistrent des baisses de températures encore plus significatives.
Néanmoins, les auteurs soulignent qu’il reste beaucoup à faire. Ils déplorent des « freins financiers et techniques » considérables ainsi qu’un manque d’engagement politique. Le Pr Tonne remarque qu’il est « surprenant » de constater que la majorité des solutions existantes sont « bien connues, mais peu appliquées ». Les préoccupations concernant la santé publique en raison du réchauffement climatique appellent une action immédiate.
Adapter l’urbanisme et les transports
Les chercheurs exigent une synergie entre l’adaptation aux événements climatiques extrêmes, la reconversion des territoires urbains et la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cette approche doit également viser à réduire la pollution atmosphérique, contribuant ainsi à une amélioration des conditions sanitaires.
Les mesures urgentes incluent le renforcement des systèmes d’alerte précoce, qui doivent être intégrés dans les plans d’adaptation urbains. L’adaptation des infrastructures urbaines et des modes de transport doit également devenir une priorité, en mettant l’accent sur le verdissement, l’utilisation de matériaux moins sensibles à la chaleur, et la promotion des mobilités douces comme la marche, le vélo, et les transports en commun.
L’Europe se réchauffe à un rythme deux fois plus rapide que la moyenne mondiale, exacerbant les difficultés liées à la protection de la santé face au changement climatique. Chaque fraction de degré d’augmentation rend prioritaires des mesures robustes pour garantir la santé publique. Cathryn Tonne souligne que le soutien de la population envers les initiatives nécessaires à ces adaptations est fondamental pour faire face aux défis futurs.