Bordeaux face aux défis climatiques : une stratégie d’adaptation présentée par le maire
Pourra-t-on encore vivre à Bordeaux en 2050 ? Cette question, soulevée par le nouveau maire, Thomas Cazenave (Ensemble pour la République), fait suite à l’été caniculaire que la ville a traversé, où des températures record ont été atteintes. Au cours de sa conférence de presse de rentrée, Cazenave a souligné les événements extrêmes subis par Bordeaux, notamment le 23 juin, où le thermomètre a grimpé à 44,6 °C, entraînant cinq épisodes caniculaires, quarante jours de chaleur au-dessus de 35 °C, et un incendie dévastateur, évacuant plus de 200 000 personnes en Gironde, rapporte TopTribune.
Lors de cette période critique, le maire a reconnu que Bordeaux n’était pas préparée à affronter le dérèglement climatique. Malgré les efforts de végétalisation, il a affirmé que ces gestes ne suffisaient pas pour faire face aux défis climatiques à venir. Les interventions de son prédécesseur, l’écologiste Pierre Hurmic, ont également été au centre des critiques. Cazenave a insisté sur le fait que la ville se distingue par son urbanisme minéral des années 1990, favorisant ainsi les îlots de chaleur.
Bonne stratégie pour faire face au dérèglement climatique
Véronique Juramy, adjointe à la transition écologique, a mis en avant des projections inquiétantes, affirmant que l’été 2026 sera considéré comme un été ordinaire dans la France de 2100, avec des vagues de chaleur pouvant atteindre jusqu’à 67 jours d’ici 2050. Face à cette situation, Thomas Cazenave et son équipe ont présenté une stratégie ambitieuse pour rendre Bordeaux habitable dans les décennies à venir.
En plus de la poursuite de la végétalisation, le plan inclut l’instauration d’une véritable politique publique dédiée à l’ombre, avec des installations d’ombrières et de voiles d’ombrage dans les zones les plus exposées de la ville. Dans le même temps, les arrêts de bus et de tram seront réaménagés pour en faire des espaces frais et ombragés. Des fontaines et brumisateurs seront également installés pour assurer des parcours de fraîcheur dans chaque quartier. Thomas Cazenave a exprimé son objectif de garantir qu’à la fin de son mandat, chaque habitant puisse accéder à un îlot de fraîcheur à moins de 300 mètres de son domicile.
Mesures pour les écoles et bâtiments publics d’ici 2027
Face à la chaleur exceptionnelle de juin, des mesures spécifiques seront mises en place pour les écoles. Anne Fahmy, adjointe en charge de l’éducation, a expliqué que des brasseurs d’air seront installés dans chaque classe pour abaisser la température de trois à quatre degrés. De plus, chaque école disposera, d’ici à l’été 2027, d’une salle-refuge climatisée ou rafraîchie.
Quant aux bâtiments municipaux, une analyse sera effectuée pour renforcer leur résistance à la chaleur, en intégrant des solutions variées, allant de la ventilation nocturne à la végétalisation. Une combinaison de systèmes passifs et actifs, tel que la climatisation et la géothermie, sera mise en place pour garantir le confort des usagers.
Enfin, la municipalité envisage de généraliser l’utilisation d’eau réutilisée, issue de stations d’épuration ou de la Garonne, pour l’arrosage des espaces verts, actuellement principalement réalisés avec de l’eau potable (65 %). Le financement des mesures d’adaptation face au dérèglement climatique sera discuté cet automne, avec un budget prévisionnel proche de 150 millions d’euros.