Le nombre de candidats à l’Élysée continue d’augmenter, alors que cette semaine, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a annoncé ses ambitions pour la présidentielle de 2027 en se présentant comme un « candidat indépendant » prêt à faire campagne, dans un entretien publié au Figaro, rapporte TopTribune.
Il devient ainsi l’un des nombreux prétendants qui aspirent à succéder à Emmanuel Macron. Environ une trentaine de candidats se sont déjà déclarés pour cette échéance cruciale. Mais quelle est la raison d’un tel afflux ?
Les causes d’une surenchère de candidatures
Ce phénomène n’est pas inédit à sept mois d’une élection présidentielle. Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et enseignant à Sciences Po Paris, souligne un affaiblissement général des partis politiques. « L’époque où une organisation politique avait un leader qui se portait candidat est désormais révolue. » Cette évolution est particulièrement visible à droite : malgré la candidature validée de Bruno Retailleau des Républicains, d’autres responsables de droite tels que Xavier Bertrand, le maire de Cannes David Lisnard, ou les anciens Premiers ministres Michel Barnier et Dominique de Villepin, continuent d’exprimer leurs ambitions.
« Comme il n’y a pas de primaire à droite et au centre, certains acteurs médiatisent leur présence en disant : »coucou j’existe, je suis achetable » », ironise un cadre des Républicains, précisant que ces discussions mèneront inévitablement à des marchandages.
Des ambitions exacerbées par les réseaux sociaux
La tenue d’une primaire ne restreint pas forcément le nombre de candidatures, surtout au Parti socialiste où certains candidats envisagent une campagne individuelle, comme le maire de Saint-Ouen Karim Bouamrane, l’ancien chef de gouvernement Bernard Cazeneuve, voire François Hollande. Des candidatures inattendues émergent également, des députés PS tels que Jérôme Guedj et Philippe Brun, ainsi que Ségolène Royal, qui évoquent ce sentiment de « pourquoi pas moi ? »
« C’est la folie de l’époque, chacun pense qu’il peut exister par lui-même grâce aux réseaux sociaux », critique un député socialiste, soulignant que l’exemple de Macron a pu créer l’illusion qu’il était possible de devenir président dans un parti affaibli.
« Il y a une recherche de buzz dans un contexte de concurrence médiatique. Ces candidatures d’égo-trip n’ont aucun sens, ça existait avant, mais on en parlait moins car elles n’avaient pas la capacité de se faire entendre… »
Réactions au sein du paysage politique
Ce désir de candidatures multiples apparaît à la fin d’un cycle de dix ans de macronisme, dans un paysage politique fracturé. Bruno Cautrès affirme qu’Emmanuel Macron quittera la scène sans avoir réussi à établir un mouvement centriste solide. « Ce contexte introduit davantage d’incertitude du vote, avec des électeurs hésitants, ce qui encourage les candidatures », affirme-t-il.
Seules deux formations, le Rassemblement national et La France insoumise, semblent échapper à cette concurrence interne, bénéficiant d’un leadership bien établi.
Stratégies de candidats et enjeux financiers
En dehors de ces deux partis, la dispersion électorale et la volatilité des électeurs alimentent les ambitions. Chaque prétendant espère remonter dans les sondages, qui jouent désormais un rôle crucial dans la sélection des candidats. « C’est un peu comme au poker : il y a beaucoup de joueurs avec des cartes plus ou moins bonnes ; à terme, il y aura un tri », explique un cadre des Républicains. Il ajoute que la dynamique financière sera déterminante, de même que la nécessité de réunir 500 parrainages de maires, pour réduire le nombre de candidatures.
Le record du nombre de candidats à une présidentielle demeure celui de 2002, qui avait vu 16 responsables participer au premier tour.