La primaire de la gauche sociale-démocrate se prépare alors que le premier tour se tiendra vendredi et samedi. Lors d’un dernier débat diffusé sur BFMTV dimanche, Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel ont tenté de persuader les électeurs, rapporte TopTribune.
Les électeurs ont jusqu’à ce lundi soir minuit pour s’inscrire au premier tour. Cette échéance incite 20 Minutes à faire le point sur les déclarations clés des candidats à l’investiture pour la présidentielle.
La question d’une alliance avec LFI
Comme lors des débats passés, les candidats ont exprimé des opinions divergentes sur une potentielle alliance avec La France insoumise (LFI) aux législatives. Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj s’y opposent fermement. Ce dernier a déclaré que Jean-Luc Mélenchon représente un « boulet » pour la gauche, affirmant que les tentatives d’Olivier Faure pour rassembler la gauche à l’Assemblée risquent de « tous nous fragiliser » en insinuant des passerelles avec LFI.
Ségolène Royal a, de son côté, critiqué Glucksmann pour avoir, selon elle, « réalisé un hold-up » sur le parti socialiste (PS), soutenant qu’il ne réussit pas à créer une dynamique avec son propre mouvement. Elle a accusé Glucksmann de dénigrer LFI pour justifier des alliances avec la droite. Glucksmann a rétorqué qu’il n’avait « aucune intention de diluer la famille sociale-démocrate » tant avec le mouvement de Mélenchon qu’avec la droite.
Les excuses de Glucksmann
Le débat a mis en lumière des tensions, en particulier liées aux accusations de « macronisme » dirigées contre Glucksmann. La proposition de Gabriel Attal, d’établir une « grande coalition » pour la présidentielle a immédiatement suscité des critiques chez les partisans de Glucksmann, qui souhaitent échapper à cette étiquette.
Au début du débat, Glucksmann s’est retrouvé dans une position délicate, obligé de s’excuser après des « propos inélégants » envers Ségolène Royal, qu’il avait accusée d’avoir fait « la danse du ventre à Macron » dans une vidéo mise en ligne samedi. Royal a dénoncé ces propos comme une « agression à connotation sexuelle », ce à quoi Glucksmann a répondu qu’il était « désolé ».
Le mouvement des lycéens
Après des échanges jugés « cataclysmiques » par Glucksmann, les candidats ont orienté leurs discussions sur des sujets plus substantiels, notamment le soutien aux revendications des lycéens. Faure a demandé la création d’« états généraux lycéens », dénonçant que « 70 % des budgets des écoles privées sont financés par des fonds publics ». Glucksmann a prometté une « loi de programmation sur cinq ans » pour le secteur éducatif, tandis que Royal a assuré qu’« avec moi, il n’y aurait pas de mouvement social », une déclaration qui a suscité le sourire de Faure.
Les retraites
Les candidats ont été unanimes pour s’opposer à la réforme des retraites de 2023 présentée par Élisabeth Borne. Cependant, ils affichent des divergences sur l’âge de départ à la retraite. Glucksmann, Faure et Maurel plaident pour un départ à 62 ans, tandis que Guedj refuse d’instaurer un âge légal, soulignant la nécessité de prendre en compte la « pénibilité » des travaux.
Ségolène Royal a insisté sur l’importance de ne pas « faire peur aux retraités » avec des réformes constantes, liant ces inquiétudes à une baisse de la natalité. Elle a ajouté qu’un changement concernant la justice fiscale est nécessaire avant de s’en prendre aux retraités.
La guerre en Ukraine
Les candidats ont exprimé un soutien clair pour l’Ukraine. Toutefois, Royal a adopté une approche différente en suggérant un dialogue possible avec la Russie, ce qui a été qualifié de « naïf » par Guedj, qui pointe que des discussions pourraient coûter des territoires à l’Ukraine. Emmanuel Maurel a soutenu que « Poutine est un prédateur qui ne veut pas négocier ».
La fiscalité
Durant le débat, Faure a défendu l’instauration de la taxe Zucman, tandis que Glucksmann a plaidé pour la taxation des méga-héritages et des superprofits. Royal a fait de la lutte contre la fraude fiscale son combat principal, estimant que l’intelligence artificielle pourrait jouer un rôle clé dans la collecte des fonds.
L’immigration
Sur la question de l’immigration, les candidats sont parvenus à un consensus sur la régularisation des travailleurs sans-papiers. Royal a affirmé : « Je régularise ceux qui travaillent », tandis que Glucksmann a élargi le débat en déclarant que « l’immigration zéro, c’est l’effondrement de l’économie française ».
Jérôme Guedj a reconnu sa position « parfois iconoclaste à gauche », proposant de « planifier l’immigration » et suggérant une loi parlementaire pour aborder les capacités d’intégration et réguler l’immigration, avec une emphase sur la « préférence travail plutôt que la préférence nationale », critique envers le Rassemblement national.
