Jean-Luc Mélenchon, candidat Insoumis à la présidentielle, a interpellé jeudi l’eurodéputé Raphaël Glucksmann au sujet de l’annulation de la dette détenue par la Banque centrale européenne, une proposition soutenue par ce dernier en 2020, rapporte TopTribune.
« Annulation de la dette : je demande l’implication dans le débat de ceux qui l’ont demandée dans un passé récent », a déclaré le leader de La France Insoumise sur le réseau X. Il a cité une tribune parue en septembre 2020 dans le JDD, où il plaidait aux côtés d’eurodéputés et d’économistes pour « annuler la dette détenue par la Banque centrale européenne », considérée à l’époque comme « indispensable » pour redonner aux États une marge de manœuvre budgétaire après la crise du Covid-19.
« Aucun tabou » sur le sujet
Ce dossier a été remis sur le tapis récemment avec la proposition choc de Mélenchon de « foutre au feu » une partie de la dette publique, suscitant de vives critiques de nombreux économistes et opposants politiques. L’eurodéputée Aurore Lalucq, coprésidente de Place publique, a réagi sur X en affirmant qu’elle n’avait « aucun tabou » sur la question. Néanmoins, elle a précisé que ce n’était « pas le bon moment » pour activer une telle mesure, en soulignant que cela n’était pas souhaitable « en période d’inflation » et alors que « toutes les dettes publiques sont scrutées ».
Lalucq a également noté les différences entre sa position et celle de Mélenchon : « Une décision prise par la France seule – enfin, si elle le pouvait ! – aurait nécessairement des conséquences sur la confiance de ses créanciers et de ses partenaires européens », a-t-elle écrit, rappelant qu’aucune majorité politique ne soutenait cette idée au niveau européen.
Une « dette commune » au niveau européen
L’eurodéputée a proposé de créer une « dette commune » au niveau européen afin de « financer nos investissements communs tout en renforçant le rôle international de l’euro ». En réponse, Jean-Luc Mélenchon a affirmé que son approche d’annulation de la dette se voulait collective : « Nous ne proposons pas d’agir seul pour cette annulation de la dette auprès de la BCE. Nous la proposons à nos partenaires », ajoutant qu’en cas de victoire en 2027, il saurait « trouver des alliés » pour mettre en œuvre cette mesure.