Dans plusieurs régions de Russie, des responsables d’entreprises publiques, de grandes sociétés et d’établissements scolaires auraient contraint leurs employés à participer au scrutin et leur auraient demandé de prouver leur vote en faveur de candidats soutenus par le pouvoir et du parti Russie unie, selon des informations publiées le 17 septembre 2026 par des médias russes, rapporte TopTribune
Des preuves exigées après le vote
Les témoignages relayés font état d’une pression administrative sur les électeurs exercée par des directions d’organismes financés par l’État et de grandes entreprises. Des salariés auraient reçu l’ordre de se rendre dans les bureaux de vote, parfois dès le premier jour du scrutin, puis de transmettre une photographie prise dans le bureau ou une capture d’écran du vote électronique à distance.
Dans certains cas, les consignes ne se seraient pas limitées à une demande de participation. Des responsables auraient recommandé de voter pour des candidats précis ainsi que pour Russie unie, le parti au pouvoir. Le site Sem’ na Sem’ a rapporté plusieurs témoignages décrivant ces pratiques. Un autre signalement a été diffusé sur la chaîne Telegram Horizontal Russia.
Ces informations restent fondées sur des témoignages et des signalements régionaux. Elles décrivent toutefois un même mode opératoire : l’employeur fixe une date de participation, transmet des consignes politiques et demande ensuite un justificatif permettant de contrôler l’exécution de ces instructions.
Les établissements scolaires au centre des signalements
Dans la région de Sverdlovsk, des employés d’écoles municipales auraient été sommés de prendre part au vote. À ceux qui refusaient, il aurait été proposé de rédiger une demande de démission. Le signalement présente ainsi la participation au scrutin comme une obligation professionnelle imposée par la hiérarchie scolaire.
Dans la région de Novossibirsk, des directeurs d’écoles et de jardins d’enfants auraient été convoqués à des réunions d’urgence. Des listes de candidats pour lesquels il leur était recommandé de voter leur auraient été remises. Ces consignes auraient ensuite été diffusées dans les groupes de discussion professionnels utilisés par les personnels.
Des enseignants de plusieurs régions ont également affirmé avoir reçu des bulletins appartenant à d’autres électeurs, avec pour instruction de voter à leur place pour Russie unie. Le texte disponible ne précise ni le nombre de personnes concernées ni l’issue de ces faits rapportés. Il fait état de témoignages similaires dans plusieurs territoires russes.
Des entreprises mobilisées dans plusieurs régions
La pression signalée ne concernerait pas uniquement le secteur éducatif. Dans le kraï de Perm, des salariés de Lukoil et des Usines Motovilikha auraient reçu l’ordre de voter dès le premier jour du scrutin, avec des recommandations portant sur certains candidats.
Dans la région de Samara, un cas analogue aurait été signalé dans une entreprise de Rosneft. Dans la région de Belgorod, des responsables scolaires auraient appelé des enseignants pour leur demander de se rendre dans les bureaux de vote le premier jour du scrutin.
Le vote s’étend sur trois jours dans les territoires concernés par les signalements. Les demandes adressées aux salariés de voter immédiatement et d’envoyer une preuve de leur participation sont présentées par les témoignages comme un moyen de permettre aux directions de suivre la mobilisation de leurs équipes.
Les secteurs cités regroupent des administrations locales, des établissements d’enseignement et de grandes entreprises industrielles. Les informations disponibles ne permettent pas d’établir le nombre total de salariés concernés ni de déterminer si les pratiques décrites ont été coordonnées par une structure unique.
Une pratique signalée dans plusieurs territoires
Les cas rapportés s’étendent de l’Oural à la région de la Volga, ainsi qu’à la région de Belgorod. Leur point commun réside dans l’intervention de responsables hiérarchiques auprès de personnels dépendant d’organismes publics ou de groupes considérés comme importants pour l’économie régionale.
Les employés auraient été sollicités non seulement pour se déplacer jusqu’aux bureaux de vote, mais aussi pour documenter leur participation. Les photographies prises dans les bureaux et les captures d’écran du vote électronique deviennent ainsi, dans les témoignages cités, des instruments de suivi interne. Les recommandations de vote auraient été transmises oralement, par téléphone, lors de réunions ou dans des discussions professionnelles.
Aucune information fournie ne permet de confirmer l’ampleur nationale de ces pratiques, ni de mesurer leur effet sur les résultats du scrutin. Les témoignages décrivent cependant des méthodes comparables dans plusieurs régions : injonctions adressées aux salariés, consignes en faveur de candidats déterminés, priorité donnée au premier jour du vote et demande de justificatifs après la participation.
Les signalements publiés le 17 septembre 2026 portent désormais sur des écoles, des jardins d’enfants, des entreprises pétrolières et des sites industriels. Les faits rapportés devront être vérifiés séparément dans chaque région et pour chaque établissement concerné.