La Russie négocie son retour au comité sportif de l’UNESCO malgré les sanctions
La Russie négocie son retour au comité sportif de l’UNESCO malgré les sanctions

La Russie négocie son retour au comité sportif de l’UNESCO malgré les sanctions

19.09.2026 13:29
4 min de lecture

Le ministre russe des Sports, Mikhaïl Degtiarev, s’est rendu à Paris le 17 septembre 2026 pour rencontrer le directeur général de l’UNESCO, Khaled El-Enany, avec lequel il a évoqué un retour de la Russie au Comité intergouvernemental pour l’éducation physique et le sport, le CIGEPS, dont Moscou ne participe plus aux travaux depuis 2023, rapporte TopTribune.

Une rencontre à Paris au cœur des discussions

La réunion a été consacrée à la participation russe aux accords sportifs internationaux et à la possibilité de rétablir sa présence dans cette instance spécialisée de l’UNESCO. La partie russe a officiellement fait connaître son intention de retrouver son siège au sein du CIGEPS, selon les informations relayées par plusieurs médias russes et les éléments disponibles sur cette rencontre.

Le déplacement de Mikhaïl Degtiarev intervient alors que le ministre figure, depuis juillet 2026, sur la liste des personnes visées par les sanctions individuelles de l’Union européenne. Son nom a été ajouté au 21e paquet de mesures adopté contre la Russie. La présence du responsable russe à Paris pour un échange avec le directeur général de l’UNESCO donne à cette réunion une portée institutionnelle particulière, sans que les modalités d’un éventuel retour au comité aient été précisées.

Les informations relatives à la rencontre ont notamment été diffusées par un canal de messagerie russe, puis reprises par Echo de Moscou et par le quotidien sportif Sport-Express.

La Russie cherche à rétablir des canaux internationaux

Depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, en février 2022, la Russie a été exclue de nombreuses enceintes internationales et confrontée à des restrictions dans les domaines diplomatique, culturel et sportif. Le retour dans certaines organisations et la reprise de contacts avec leurs dirigeants constituent pour Moscou des voies de dialogue dans plusieurs secteurs, dont le sport.

Le retour de la Russie dans les instances sportives internationales est présenté par les autorités russes comme une question distincte du conflit et des décisions prises par les gouvernements. Le slogan du « sport hors politique » est régulièrement mobilisé pour défendre la participation des athlètes et le rétablissement des représentants russes dans les structures internationales. Cette ligne permet à Moscou de soutenir que les sportifs ne devraient pas être tenus responsables des décisions prises par les autorités de leur pays.

Le dossier du CIGEPS s’inscrit dans cette démarche. La Russie ne demande pas seulement la poursuite de ses engagements sportifs internationaux : elle cherche également à rétablir sa participation au fonctionnement d’une instance liée à l’UNESCO. La question porte donc sur la présence d’un représentant russe dans un cadre intergouvernemental consacré à l’éducation physique et au sport.

Un dossier lié aux sanctions européennes

La situation de Mikhaïl Degtiarev illustre la coexistence de deux cadres institutionnels différents. D’un côté, le ministre russe est visé par des sanctions de l’Union européenne contre la Russie, adoptées dans le cadre des mesures liées à la guerre menée contre l’Ukraine. De l’autre, il a pu se rendre à Paris pour un échange avec la direction de l’UNESCO sur une question relevant de la coopération sportive internationale.

Les sanctions européennes concernent la personne du ministre et ne constituent pas, à elles seules, une décision de l’UNESCO sur la participation de la Russie au CIGEPS. Les informations disponibles ne font pas état d’une décision finale de l’organisation concernant le rétablissement de cette participation. Elles établissent l’existence de discussions et l’intention annoncée par la partie russe.

Le calendrier présenté dans les informations publiées est précis : la Russie ne prend plus part aux travaux du comité depuis 2023, Mikhaïl Degtiarev a été inscrit sur la liste européenne en juillet 2026, puis il a rencontré Khaled El-Enany à Paris le 17 septembre. Ces éléments placent la demande russe dans une séquence où Moscou tente de retrouver des points de contact dans le mouvement sportif et les institutions internationales.

Le sport comme instrument de présence diplomatique

Le gouvernement russe affirme depuis plusieurs années que les compétitions et les organisations sportives doivent être séparées des décisions politiques. Cette position accompagne les démarches visant à obtenir le retour de sportifs russes dans des compétitions internationales et la restauration de la participation de la Russie à certaines organisations.

Pour Moscou, la présence dans ces espaces offre des possibilités de dialogue avec les fédérations, les comités et les responsables d’organisations internationales. Les discussions autour du comité de l’UNESCO sur l’éducation physique et le sport s’ajoutent ainsi aux démarches consacrées à la participation russe au mouvement olympique et aux accords sportifs internationaux.

Les conséquences institutionnelles d’un éventuel retour au CIGEPS ne sont pas encore établies. Aucune décision définitive n’est mentionnée dans les informations disponibles. La rencontre de Paris confirme toutefois que la Russie cherche à maintenir ouvertes des relations avec des organisations internationales, y compris lorsque ses responsables font l’objet de mesures restrictives de la part de l’Union européenne.

Le dossier reste donc lié à deux questions distinctes : la mise en œuvre des sanctions européennes visant Mikhaïl Degtiarev et la procédure qui pourrait conduire, ou non, au retour de la Russie dans les travaux du CIGEPS. Les autorités russes ont fait connaître leur objectif ; l’UNESCO n’a pas annoncé, dans les éléments rapportés, de réintégration effective.

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