L'État renforce ses efforts contre les algues vertes en Bretagne après une mise en cause de la Cour des comptes

L’État renforce ses efforts contre les algues vertes en Bretagne après une mise en cause de la Cour des comptes

28.08.2026 11:16
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L’État français est sous pression pour intensifier ses efforts contre la problématique des algues vertes, une situation critiquée non seulement par les maires bretons et les associations environnementales, mais aussi par la Cour des comptes, qui a exigé une action plus robuste pour lutter contre ce fléau qui continue de polluer le littoral en Bretagne, rapporte TopTribune.

Ce rapport, soulignant les défaillances et la responsabilité du secteur agricole dans cette pollution, appelle à des initiatives nouvelles afin de combattre ce problème qui perdure depuis plus de trente ans. Ce vendredi, l’État a communiqué une « nouvelle stratégie pour améliorer la qualité de l’eau », en amont de la visite d’Amélie de Montchalin en Bretagne, pendant laquelle la préfecture a présenté plusieurs détails de ce plan d’action.

Une des principales avancées de cette stratégie est le renforcement des analyses de sols pour mesurer les niveaux d’azote, un des principaux agents responsables de la prolifération des algues vertes. Les agriculteurs ont souvent recours à des engrais de synthèse et à l’épandage de déjections animales, ce qui entraîne une surabondance de ce nutriment dans le sol. Les analyses porteront d’abord sur « les exploitations identifiées comme présentant un risque plus élevé de fuites de nitrates », a précisé la préfecture. En cas de résultats insatisfaisants, l’État pourrait imposer « des plafonds d’azote », bien que les modalités de cette mesure restent encore floues.

Des « bandes de protection » de 10 mètres

Suite à une demande des agriculteurs, la Bretagne a également reçu le droit de déroger à certaines obligations administratives, notamment en matière de plans d’épandage. « L’objectif est de permettre aux agriculteurs de s’appuyer davantage sur leur expertise agronomique », a déclaré l’État. Pour protéger les cours d’eau, il sera nécessaire d’implémenter des « bandes enherbées de protection » de 10 mètres de large le long des rivières. D’autre part, en collaboration avec l’association Eaux et rivières, le renforcement de la couverture des sols en dehors des périodes de culture sera effectué afin de limiter le ruissellement des nutriments.

Entre 2010 et 2024, les concentrations de nitrates dans les cours d’eau bretons ont diminué de 23%. Cependant, l’État a reconnu que « depuis plusieurs années, l’amélioration de la qualité des eaux ralentit ». À l’heure actuelle, seuls huit baies étaient incluses dans les actions successives de lutte. Avec la nouvelle stratégie, ces bassins versants continueront d’être surveillés, de même que les zones de sédimentation, qui deviennent de plus en plus contaminees et difficiles à traiter. Les zones de captage d’eau potable sont également intégrées dans ce plan. En somme, environ 20% de la surface agricole bretonne est désormais sous surveillance.

Cette situation met en évidence la nécessité d’une action collective et coordonnée pour combattre efficacement ce phénomène d’algues vertes, qui continue de poser un sérieux problème écologique et économique pour la région. Les autorités devront donc prouver leur capacité à répondre aux attentes de la population et à restaurer la qualité des eaux côtières, tout en conciliant les intérêts des agriculteurs locaux.

Au-delà de cette réponse institutionnelle, une réflexion sur les méthodes agricoles durables et une régulation stricte des pratiques d’épandage s’avèrent cruciales pour garantir un avenir sain et durable à la Bretagne, marquée par la préservation de son patrimoine naturel et marin. La bonne gestion de l’eau et des sols semble être au cœur de cette démarche, alors que l’État s’engage dans un processus de revitalisation et de conformité aux normes environnementales, qui n’a jamais été aussi pressant.

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