Le roi Harald V de Norvège, qui a régné depuis 1991, est décédé ce vendredi 28 août à l’âge de 89 ans, à la veille de ses noces d’érable. Pendant près de dix ans, le monarque et la reine Sonja ont affronté l’opposition de la couronne, les manigances politiques et la pression médiatique pour imposer leur amour, rapporte TopTribune.
L’amour a triomphé du protocole. En s’éteignant à 89 ans après un règne débuté en 1991, le roi Harald V laisse derrière lui le souvenir d’un combat acharné pour sa souveraine, Sonja. Pendant dix ans, l’héritier du trône et la jeune roturière ont mené une lutte clandestine face au refus des institutions, imposant une union qui allait transformer à jamais la monarchie norvégienne.
La raison d’État face à la passion
Rien ne prédestinait Sonja Haraldsen à monter sur le trône. Fille d’un riche drapier d’Oslo, la jeune femme croise le regard du prince à la fin des années 1950 lors d’une soirée chez des amis communs. Harald, à l’époque, a 21 ans, sort de l’école militaire et s’apprête à rejoindre Oxford, tandis que Sonja part étudier à Lausanne. Une idylle épistolaire s’installe.
Pour le roi Olav V, il est inenvisageable d’accorder le trône à une roturière. Des manigances sont alors orchestrées pour orienter le prince vers un mariage de son rang : « On a essayé de le faire tomber dans le doux piège d’Irène de Grèce, dans celui de la princesse Tatiana Radziwill, et Benedikt de Danemark », relate Sabine de la Brosse.
Séparés par les études et harcelés par les médias, les amoureux résistent dans l’ombre grâce à des lettres, des codes secrets et le soutien d’amis proches. La tension atteint un point de rupture lorsque le Palais annonce qu’un mariage n’entre pas dans les projets de l’héritier. Anéantie par la pression, Sonja fait une tentative de suicide en mars 1965. Harald court à son chevet et scelle leur pacte d’acier.
L’ultimatum décisif du futur monarque
Seul héritier mâle de la couronne, Harald utilise une arme redoutable : un ultimatum catégorique affirmant qu’il restera célibataire si l’on lui refuse Sonja, menaçant ainsi directement l’avenir de la dynastie. Face à cette détermination absolue, le roi Olav V s’avoue vaincu. Le 19 mars 1968, les fiançailles sont annoncées, et le prince déclare : « Une chose est certaine : Sonja sera ma femme. »
Le 29 août 1968, la célébration rassemble 830 invités à la cathédrale d’Oslo. Accompagnée à l’autel par le roi Olav V lui-même, Sonja remonte la nef au son de Jean-Sébastien Bach devant 100 000 personnes massées le long des avenues. Un plébiscite populaire scellant le triomphe des « princes qui épousent encore les bergères ».