Présidentielle 2027 : Fabien Roussel pourrait-il nuire aux chances de Jean-Luc Mélenchon ?

Présidentielle 2027 : Fabien Roussel pourrait-il nuire aux chances de Jean-Luc Mélenchon ?

11.09.2026 07:06
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Le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel, a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, marquant une nouvelle phase dans la course à la présidence. Ce vendredi, il se retrouvera aux côtés de Jean-Luc Mélenchon lors de la Fête de l’Humanité. L’annonce de Roussel, faite le dimanche 6 septembre, n’a pas été bien accueillie par La France insoumise (LFI), qui espérait un ralliement. « Chacun prend ses responsabilités », a déclaré Mathilde Panot, présidente des députés insoumis sur BFM TV, tout en soulignant l’importance de tirer des leçons de la présidentielle de 2022, où Mélenchon avait échoué à atteindre le second tour à seulement 420 000 voix près, tandis que Roussel avait obtenu 800 000 suffrages (2,28 % des voix), rapporte TopTribune.

Jean-Luc Mélenchon encore en 3e position

Fabien Roussel affirme que son intention est d’apporter « davantage de voix à la gauche » plutôt que de les diviser. Il respecte, selon le porte-parole du parti Ian Brossat, le choix des militants communistes. Cependant, des membres du PC expriment leur désaccord, tel Stéphane Peu, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, qui appelle à un rassemblement élargi de la gauche face à la menace de l’extrême droite.

Le directeur d’études chez Ipsos BVA, Mathieu Gallard, note que la configuration actuelle est similaire à celle de 2022. Un récent sondage, publié le 5 septembre, place Jean-Luc Mélenchon en troisième position avec 15 %, derrière Marine Le Pen (34,5 %) et Édouard Philippe (19 %). L’ancien trotskiste a donc besoin des 2,5 % que les sondages attribuent à Roussel.

Un report de vote pas automatique

Mathieu Gallard indique que, malgré la logique arithmétique que pourrait évoquer Mélenchon, il est incertain que les électeurs communistes se dirigent tous vers lui. En effet, les suffrages des partisans du PC pourraient également être redirigés vers des candidats plus modérés. Bruno Cautrès, politologue, note que le leadership de Mélenchon pourrait poser problème aux électeurs communistes, qui ont choisi de rester à l’écart des insoumis, contrairement à Pierre Laurent qui s’était engagé en faveur de Mélenchon en 2012 et 2017.

Les communistes ne se reconnaissent pas tous en LFI

Les appréhensions quant à une dilution du PC dans la nouvelle gauche radicale ont poussé Roussel à réaffirmer les ambitions électorales du parti dès 2018. Cautrès souligne que la domination de LFI pourrait nuire aux élections locales pour le PC, avec des sociologues notant que la diversité et la jeunesse de LFI représentent un défi pour les électeurs communistes plus âgés, malgré le rajeunissement de certains cadres.

La chasse aux voix continue quand même

Toutefois, La France insoumise reste déterminée à séduire les électeurs communistes. Manuel Bompard, coordinateur national de LFI, a déclaré que les électeurs prendraient conscience de la proximité des votes à l’Assemblée, et que Mélenchon véhicule l’essentiel des idées communistes. Mélenchon lui-même insiste sur le fait que la candidature de Roussel ne modifie rien, considérant que l’enjeu principal est le nombre d’électeurs. Il prévoit d’élargir son audience en visant également les Écologistes et les Socialistes, une stratégie que Cautrès juge pertinente, suggérant qu’une réserve de voix pourrait venir du vote utile.

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