Vingt-cinq ans après les attentats du 11-Septembre 2001, les États-Unis commémorent leurs victimes dans un climat politique profondément fracturé. Cette date anniversaire soulève des interrogations sur l’héritage durable d’un événement qui a bouleversé l’Amérique et le monde, rapporte TopTribune.
À l’occasion de cette commémoration, on aurait pu s’attendre à un jour d’unité nationale en hommage aux 2 977 victimes. Cependant, les polémiques et controverses l’ont emporté, révélant les fractures du pays exacerbées par le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.
Donald Trump absent des cérémonies à New York
Bien que Donald Trump, originaire de New York, soit une figure médiatique de la ville, il ne sera pas présent à la cérémonie officielle. À la place, quatre anciens présidents — Bill Clinton, George W. Bush, Barack Obama et Joe Biden — seront présents, aux côtés du maire démocrate Zohran Mamdani. Ce dernier, musulman, est critiqué par certains pour ne pas avoir assez fermement condamné l’islamisme radical.
Pour représenter l’administration Trump, le vice-président J. D. Vance coïncidera avec le président qui assistera à une cérémonie au Pentagone. Son absence à New York serait justifiée par une intention de prononcer un discours, en contradiction avec le protocole impartial qui régit la cérémonie chaque 11 septembre.
La première cérémonie, réservée aux familles des victimes, débute à 7 h 30 au « 9/11 Memorial Plaza », où les noms des disparus seront lus à haute voix. À 8 h 46, les moments de silence ponctueront la cérémonie officielle, marquant les heures tragiques des attaques.
Un 7e moment de silence
Pour cette édition, un septième moment de silence a été ajouté pour honorer ceux décédés de maladies liées aux événements du 11-Septembre. Le maire de New York a récemment déclassifié des documents montrant la dissimulation de l’ampleur des conséquences sanitaires de ces attaques, qui pourraient être responsables de plus de 10 000 décès.
Après chaque moment de silence, une cloche retentit, créant une atmosphère saisissante dans une ville d’ordinaire si dynamique. « Ces moments sont très émouvants, presque tétanisants », relate une ancienne correspondante, partageant l’impact émotionnel de cette commémoration.
Du jour où l’Amérique est entrée en guerre à l’État de surveillance
Cette cérémonie rappelle également la longue route que les États-Unis ont parcourue depuis l’entrée en guerre contre le terrorisme. Les répercussions de l’événement ont vu l’évolution des politiques de sécurité nationale, de l’émergence du Department of Homeland Security à un Patriots Act qui a bouleversé la séparation entre renseignement et enquête judiciaire.
Les attentats ont modifié non seulement l’appareil étatique, mais aussi la perception et la réalité des libertés individuelles. La question demeure : sommes-nous aujourd’hui mieux protégés qu’en 2001 face à un État de plus en plus sécuritaire ?
Le terrorisme n’a pas gagné, mais…
Enfin, l’impact des attentats s’étend au-delà de la sécurité. Depuis 2001, une montée de l’islamophobie et des discriminations ciblant les musulmans a été observée, ainsi qu’une polarisation politique croissante, alimentée par des théories du complot et l’instrumentalisation des peurs par des mouvements populistes.
Alors que les sociétés touchées par des attentats font preuve de résilience, le terrorisme a incontestablement influencé nos sociétés et nos craintes, soulevant des interrogations sur les libertés individuelles. Vingt-cinq ans plus tard, ces questions demeurent d’actualité, appelant à de nouveaux débats sur les effets durables du 11-Septembre.
En cette date symbolique, des faisceaux lumineux rappelant les tours jumelles illumineront Manhattan, faisant écho à un passé tumultueux et à un avenir incertain. Les États-Unis, bien que marqués par cet événement tragique, poursuivent leur chemin, « à l’ombre des tours mortes… »