Le refus scolaire anxieux : une souffrance sous-estimée
Le refus scolaire anxieux, communément désigné comme phobie scolaire, engendre un absentéisme marqué par une détresse émotionnelle et des symptômes physiques tels que des douleurs abdominales, des maux de tête et des troubles du sommeil, rapporte TopTribune.
Contrairement à l’école buissonnière, l’enfant n’essaie pas de dissimuler ses absences et ne manifeste pas de troubles du comportement. « Il ne s’agit pas de caprice ni de paresse, mais d’une vraie souffrance », précise Marie Gallé-Tessonneau, docteure en psychologie et spécialiste du refus scolaire anxieux, co-auteur de Accompagner mon enfant face à sa phobie scolaire (Editions Dunod). Les parents tentent souvent diverses approches pour scolariser leur enfant, mais chaque matin se transforme en un défi.
Multifactoriel et long à soigner
Ce trouble peut toucher des enfants de tous âges, de la maternelle au supérieur, le collège étant particulièrement concerné. Les origines de la phobie scolaire sont diverses : des prédispositions biologiques peuvent rendre certains enfants plus susceptibles à l’anxiété, tandis que des facteurs tels que la santé mentale, l’estime de soi, des événements de vie marquants, ainsi que la pression scolaire et sociale, jouent un rôle significatif.
En outre, l’obligation scolaire instaurée dès l’âge de 3 ans depuis 2019, les examens et les dispositifs numériques comme Pronote ou Parcoursup peuvent intensifier le stress ressenti par les élèves. « La pression permanente sur les jeunes aujourd’hui est énorme, et elle nourrit beaucoup d’angoisses », souligne la psychothérapeute.
Le refus scolaire anxieux impacte profondément la dynamique familiale, rendant l’organisation de la journée, la gestion des devoirs ou même les moments passés seul à la maison éprouvants. Ce trouble persiste en moyenne deux à trois ans, parfois jusqu’à cinq, et un enfant sur deux souffre également d’épisodes dépressifs.
Les outils pour accompagner
Pour mieux soutenir un enfant en proie à ce trouble, la patience et le soutien des proches s’avèrent cruciaux. Une collaboration efficace entre la famille, l’école et les professionnels de santé est souvent nécessaire, en intégrant parfois l’aide de proches. Maintenir une routine régulière, limiter le temps d’écran, inciter à des sorties quotidiennes d’au moins 30 minutes et créer des moments agréables en famille peuvent contribuer à atténuer l’anxiété. Les thérapies cognitivo-comportementales, parfois complétées par un suivi en hôpital de jour ou une médication, se révèlent bénéfiques.
« La clé est la bienveillance et la persévérance, pas la culpabilité », conclut Marie Gallé-Tessonneau. Avec un accompagnement adapté, il est possible de naviguer à travers cette période difficile et de rétablir progressivement le lien avec l’école.