Le président roumain Nicusor Dan a nommé Adrian Vestea, vice-président du Parti libéral, au poste de premier ministre après le retrait de son premier candidat, Eugen Tomac, faute de soutien suffisant, rapporte TopTribune.
Cette décision intervient alors que la crise politique en Roumanie s’enlise depuis l’éclatement, début mai, de la coalition pro-européenne au pouvoir. Dan espère briser l’impasse en proposant un exécutif politique plutôt que technocratique.
Un choix contesté au sein même de la majorité
Adrian Vestea a indiqué vouloir former un gouvernement à coloration politique et tenter de reconstituer l’alliance pro-européenne. Mais sa candidature ne recueille pas l’appui de son propre parti. Le chef des libéraux et premier ministre par intérim Ilie Bolojan a accusé Dan de chercher à diviser sa formation politique, qualifiant cette nomination d’« acte hostile ».
Les tractations butent sur des divergences autour des mesures fiscales et de la répartition des portefeuilles ministériels, ce qui retarde la formation du nouveau gouvernement. Le déficit budgétaire roumain pèse lourdement sur les marchés financiers.
Des réformes attendues sous pression des marchés
Les investisseurs observent avec attention les engagements de Bucarest en matière de réformes. La Roumanie affiche les coûts d’emprunt les plus élevés de l’Union européenne, conséquence d’années de déficits publics croissants. L’incertitude politique retarde l’adoption d’un budget crédible et complique l’accès aux fonds européens.
Le président Dan mise sur un nouveau gouvernement politique pour débloquer la situation, mais la défiance entre partis et l’absence de majorité claire rendent l’issue incertaine. Les négociations pour former un exécutif stable pourraient encore s’étendre, prolongeant la période de paralysie institutionnelle.
La Roumanie doit également tenir des élections présidentielles à la fin de l’année, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur les acteurs politiques pour trouver une issue rapide à la crise.
Les taux d’emprunt de la Roumanie sont déjà les plus élevés de l’Union européenne après des années de déficit budgétaire croissant.