Parents et emploi : les enjeux que les entreprises ne peuvent plus négliger

Parents et emploi : les enjeux que les entreprises ne peuvent plus négliger

01.06.2026 16:16
5 min de lecture

La parentalité est devenue un enjeu majeur pour les entreprises, influençant non seulement l’attractivité, mais aussi la motivation et la rétention des employés. D’après le baromètre 2026 Les Parents Zens x Ipsos BVA, 89 % des parents estiment que le soutien à la parentalité est un critère crucial dans le choix d’un employeur, rapporte TopTribune.

La parentalité, un critère essentiel pour les employeurs

Historiquement, les entreprises ont abordé la parentalité comme un sujet accessoire, se contentant d’offrir des congés ou des primes sporadiques. Toutefois, le baromètre Les Parents Zens x Ipsos BVA révèle que cette perception est désormais dépassée. Les parents de jeunes enfants souhaitent que leur entreprise les aide non seulement au moment de la naissance, mais qu’elle permette une réelle conciliation entre vie professionnelle et vie familiale sur le long terme.

Un des indicateurs les plus révélateurs est le risque de changement d’emploi. Selon les données de Les Parents Zens, 45 % des parents ont déjà envisagé de quitter leur emploi en raison d’un manque de soutien de la part de leur entreprise concernant la parentalité. Cette statistique grimpe à 52 % chez les femmes et les moins de 35 ans, et atteint même 57 % parmi ceux qui se déclarent souvent fatigués par l’équilibre travail-vie familiale.

Cela montre clairement que la parentalité est devenue un enjeu fondamental pour la fidélisation des employés. En 2025, un autre baromètre mené par OpinionWay a déjà mis en avant que 10 % des parents salariés avaient quitté leur poste pour mieux concilier vie professionnelle et parentale, et 31 % y avaient pensé sans passer à l’acte.

Marine Desandre, cofondatrice de Les Parents Zens, illustre cette prise de conscience en déclarant : « Le soutien à la parentalité n’est plus un avantage social périphérique. Il devient un levier de fidélisation, d’engagement et de marque employeur. »

Les défis liés aux contraintes familiales

Le baromètre met en lumière un écart significatif entre les attentes des parents et les solutions proposées par les entreprises. Les salariés ne réclament pas seulement plus de compréhension de la part de leur direction, mais souhaitent également des solutions concrètes et accessibles.

D’après Les Parents Zens, 64 % des parents ont déjà dû prendre des congés ou des RTT pour répondre à des obligations parentales alors que leur entreprise ne leur offrait pas de alternatives. En outre, 32 % ont dû déposer des congés sans solde, 28 % ont passé à côté de promotions ou de formations, et 27 % ont réduit leur charge de travail.

Cette situation impacte directement les carrières, particulièrement pour les femmes : 40 % d’entre elles ont dû diminuer leur temps de travail, par rapport à seulement 15 % des hommes; 34 % se sont abstenues d’opportunités professionnelles par rapport à 21 % des hommes. Ainsi, la parentalité est en miroir avec la question de l’égalité professionnelle, car les choix souvent invisibles influencent inégalement les hommes et les femmes.

L’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail souligne aussi que la conciliation entre travail, grossesse et parentalité demeure complexe lorsque les imprévus liés aux enfants ne sont pas intégrés dans l’organisation du travail. Les défis comme les absences, les retards ou les urgences restent souvent à la charge des employés.

Une meilleure écoute, mais un accompagnement insuffisant

Le baromètre indique qu’une écoute est présente dans certaines entreprises. En effet, 81 % des parents se disent à l’aise pour alerter leur manager en cas de problème lié à leur enfant, que ce soit une maladie ou un imprévu. Cela démontre une évolution dans la communication au sein de certaines entreprises.

Cependant, cette écoute n’est pas toujours suivie d’actions concrètes. Uniquement 32 % des parents ont eu une discussion avec leur manager ou les ressources humaines pour organiser leur retour après l’accouchement, 28 % ont reçu un soutien financier pour la garde d’enfant, et seulement 9 % ont eu accès à des solutions de garde proposées par leur entreprise.

Marine Desandre appelle à transformer cette bienveillance en action : « Les entreprises avancent concernant l’écoute, mais elles doivent maintenant passer à l’étape suivante en matière d’organisation. Une politique de parentalité ne peut pas dépendre uniquement de la volonté des managers. Elle doit être structurée, visible, et adaptée aux différentes étapes de la parentalité. »

L’insuffisance de soutien se révèle particulièrement critique lors du retour au travail. Selon Les Parents Zens, 84 % des parents déclarent avoir rencontré au moins une difficulté lors de leur reprise, les problèmes rencontrés sont concrets : des imprévus personnels influençant la charge de travail, une motivation en baisse ou des difficultés à se réadapter au milieu professionnel.

Les implications de la parentalité sur l’organisation du travail

La naissance d’un enfant transforme profondément la relation qu’un parent entretient avec son travail. Selon le baromètre Les Parents Zens x Ipsos BVA, 91 % des parents ayant de jeunes enfants ont modifié au moins un aspect de leur vie professionnelle après l’arrivée de leur enfant. Beaucoup choisissent de réduire leurs heures supplémentaires, de réaménager leur emploi du temps, de demander plus de télétravail ou même de renoncer à certaines promotions.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’ils se désengagent, mais cela révèle une tension entre les exigences professionnelles et les responsabilités parentales. Ainsi, 73 % des parents affirment qu’ils se consacrent pleinement à leur rôle familial, même si cela les conduit à diminuer leur engagement au travail. 50 % ont demandé à adapter leurs horaires pour s’ajuster au rythme de leur enfant, et 24 % ont décliné des offres de promotions.

La fatigue exacerbe cette charge. 56 % des parents de jeunes enfants déclarent éprouver fréquemment de la fatigue résultant de la combinaison vie professionnelle et vie familiale, tandis que ce chiffre monte à 67 % pour les femmes. Le baromètre 2025 Les Parents Zens x teale avait déjà révélé que 57 % des parents salariées se sentaient accablés mentalement par leur travail.

Marine Desandre note que cette situation dépasse la simple gestion individuelle : « Ce baromètre met en évidence une vérité simple : les parents de jeunes enfants ne se déconnectent pas du travail, mais d’un mode de travail qui ne prend pas en compte leur réalité. »

Les attentes des parents envers les employeurs

Les parents sondés n’exigent pas une unique mesure, mais une combinaison de solutions. Selon Les Parents Zens, 50 % d’entre eux privilégient des primes supplémentaires, comme à la naissance ou à la rentrée scolaire, tandis que 47 % souhaiteraient une aide financière pour la garde d’enfant. De plus, 43 % réclament plus de flexibilité horaire, et 43 % désirent des jours de congé rémunérés pour enfant malade au-delà des dispositions légales. Enfin, 37 % aimeraient disposer de places en crèche au sein de leur entreprise.

Ces attentes nécessitent une approche plus globale en matière de parentalité, allant au-delà des simples mesures isolées. La proposition de politiques doit inclure des préparations aux retours de congés, des formations pour les cadres, une lisibilité des dispositifs et l’intégration d’imprévus familiaux dans le fonctionnement des équipes.

Les décisions des parents interviennent bien avant la naissance. À ce titre, 77 % des parents affirment que la sécurité de leur emploi a influencé leur choix d’avoir un enfant, tandis que 70 % ont pris en compte leurs conditions de travail, notamment les horaires et la flexibilité. En outre, 46 % ont anticipé l’impact potentiel sur leur

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Dernières nouvelles

À NE PAS MANQUER