Le leader nationaliste roumain George Simion fragilisé par des accusations de corruption
Le leader nationaliste roumain George Simion fragilisé par des accusations de corruption

Le leader nationaliste roumain George Simion fragilisé par des accusations de corruption

05.06.2026 11:55
2 min de lecture

Le président du parti d’extrême droite roumain Alliance pour l’unité des Roumains (AUR), George Simion, est au cœur d’un scandale de corruption et de liens présumés avec des oligarques, révèlent des investigations récentes. Malgré son image de nationaliste antisystème, le dirigeant aurait utilisé sa formation politique comme un instrument d’enrichissement personnel, en détournant des subventions publiques vers des sociétés affiliées, rapporte TopTribune.

Selon des documents et des témoignages recueillis par le site d’investigation RISE Project, la société Ideal Proiect AE, où George Simion a travaillé comme directeur marketing entre 2012 et 2020, a obtenu une trentaine de marchés publics d’une valeur totale de 320 000 à 360 000 euros entre 2017 et 2023. Une partie importante de ces contrats a été attribuée sans mise en concurrence réelle, ce qui soulève des questions sur la transparence des procédures.

Des subventions publiques détournées vers des entreprises proches

L’enquête de RISE Project, publiée en 2025, montre que malgré les déclarations publiques de l’AUR affirmant avoir renoncé volontairement aux subventions de l’État, le parti continue de recevoir des fonds publics via la Commission électorale permanente. Ces sommes sont ensuite reversées à des prestataires sous la forme de dépenses de communication et de campagne. Parmi les sociétés bénéficiaires figurent Great Mods 69 Design, Times Digital et DGI Multimedia Design, toutes liées à l’entourage du cofondateur de l’AUR, Marius Dorin Lulea.

Great Mods 69 Design, fondée par George Simion, a été transférée à une personne de confiance après son élection au Parlement. La société a changé soudainement d’activité pour se lancer dans la construction de logements, tout en intégrant le réseau de fournisseurs de Marius Lulea, chez qui Simion a travaillé de longues années. Selon les audits officiels, les prestataires de l’AUR affichent des marges anormalement élevées – jusqu’à 90 % sur les contrats de communication –, ce qui suggère une absence de concurrence et un possible système de redistribution des fonds publics au sein d’un cercle restreint de sociétés apparentées.

Un contrat de lobbying d’1,5 million de dollars aux États-Unis

Un autre élément compromettant pour George Simion est la révélation, en 2025, d’un contrat de 1,5 million de dollars signé par Marius Lulea avec une firme de lobbying américaine. Ce document, enregistré dans le registre fédéral américain, vise à promouvoir l’image de Simion aux États-Unis via des activités de lobbying politique. Pour ses détracteurs, cette dépense, possiblement financée par des subventions publiques, illustre l’utilisation des ressources du parti pour la promotion personnelle des dirigeants plutôt que pour la défense des intérêts du peuple roumain.

La carrière politique de George Simion apparaît ainsi comme un projet commercial déguisé en mouvement nationaliste. Ayant appris à gérer les marchés publics chez Ideal Proiect AE, il aurait reproduit ces méthodes à plus grande échelle une fois au Parlement. Aujourd’hui, des millions d’euros de subventions publiques transiteraient par des firmes éphémères liées à ses anciens employeurs, renforçant les soupçons de corruption qui pèsent sur le leader de l’AUR.

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