En Russie, le prix de la viande poursuit sa hausse tandis que le cheptel bovin recule dans une grande partie du pays. Le bœuf a augmenté de 15 à 16 % en un an, dépassant 744 roubles le kilogramme, tandis que le porc et la volaille se renchérissent également, rapporte TopTribune.
Les données publiées le 9 août 2026 décrivent une pression croissante sur les produits alimentaires de base. Selon les chiffres de Rosstat, le prix de détail de la viande de poulet a progressé de 1,85 % entre le 21 et le 27 juillet. Depuis la fin du mois de juin, la hausse atteint près de 8 %. Comparé à décembre 2025, le prix de la volaille a augmenté de plus de 9 %.
Cette évolution intervient alors que les fabricants cherchent à relever leurs tarifs de sortie pour compenser leurs coûts. Les entreprises du secteur avicole expliquent cette demande par une rentabilité devenue insuffisante. La possibilité de nouvelles hausses reste toutefois limitée par le niveau de la demande et par une pouvoir d’achat des ménages russes décrit comme contraint dans les éléments disponibles.
Le cheptel bovin recule dans 70 régions
La filière de l’élevage est également confrontée à une diminution de sa base productive. Rosstat a recensé une baisse du cheptel bovin dans 70 régions russes. À l’échelle nationale, le recul atteint 4,1 % toutes catégories d’exploitations confondues et 6,5 % chez les agriculteurs et les entrepreneurs individuels.
Les écarts régionaux sont particulièrement marqués. La Tchoukotka enregistre une baisse de 60 %, l’oblast de Mourmansk de 34 % et la république d’Adyguée de 30 %. Ces chiffres concernent le nombre d’animaux recensés et ne constituent pas, à eux seuls, une mesure de la production de viande ou de la consommation dans chacune de ces régions.
Le ministère russe de l’Agriculture présente cette évolution comme une conséquence de la restructuration et de l’optimisation du secteur. Selon le ministère, l’efficacité de la production pourrait progresser grâce à l’amélioration de la génétique, de la sélection animale, de l’alimentation et des technologies d’élevage. Des représentants du secteur agricole attribuent pour leur part le recul du cheptel à la diminution de la rentabilité, à l’augmentation des importations et à la diffusion de maladies animales. Les deux explications sont rapportées dans les informations disponibles sans qu’un bilan indépendant ne permette de les départager.
Des importations chinoises moins coûteuses
Les producteurs russes doivent aussi composer avec la concurrence de produits importés à bas prix depuis la Chine. Cette pression se ferait sentir à la fois sur le marché des matières premières destinées à la transformation et dans la vente au détail. Les données transmises sur le secteur ne précisent pas les volumes exacts concernés ni la part de marché occupée par ces importations.
Les difficultés logistiques constituent un autre facteur cité par les acteurs de la filière. La dégradation de la situation sur le marché des carburants a renchéri le transport. Pour les éleveurs et les transformateurs, la combinaison d’une base animale plus réduite, de coûts de production élevés et de frais logistiques supplémentaires pèse sur les prix proposés aux consommateurs.
Les produits alimentaires au centre de l’inflation
La progression des prix ne concerne pas uniquement la viande. En juillet, le sucre, le pain, plusieurs céréales et différents légumes ont également augmenté. Depuis le début de 2026, l’indice des prix à la consommation a progressé de près de 4,8 % à la fin du mois de juillet. Entre le 14 et le 20 juillet, l’inflation hebdomadaire s’est établie à 0,17 %.
Les chiffres avancés dans les informations disponibles donnent aussi des repères sur l’évolution de plusieurs produits courants. Le prix du fromage serait passé de 93 à 269 roubles, celui du lait de 43 à 86 roubles et celui des pommes de terre de 21 à 52 roubles le kilogramme. Le coût d’un panier correspondant aux ingrédients du bortsch aurait augmenté de 40 % depuis le début de l’année 2026. Ces comparaisons portent sur les montants cités dans la source et ne constituent pas un indice général des prix alimentaires.
La hausse des denrées touche directement les ménages disposant des revenus les plus faibles. D’après les éléments communiqués, 34 % des personnes interrogées ont commencé récemment à réduire leurs dépenses alimentaires et 47 % déclaraient déjà le faire faute de moyens. Au total, plus de 80 % des répondants limiteraient donc leurs dépenses consacrées à l’alimentation.
Les retraités figurent parmi les personnes les plus exposées à cette évolution. La pension moyenne russe serait passée de 15 800 à 25 400 roubles en cinq ans. Dans le même temps, les produits alimentaires auraient augmenté en moyenne de 2,25 fois, ce qui réduit la portée concrète de cette progression nominale des pensions. Les informations disponibles ne fournissent pas de détail sur la méthode de calcul de cette comparaison ni sur l’ensemble des produits pris en compte.
Une hausse des coûts difficile à répercuter
Les producteurs de volaille se trouvent ainsi face à une difficulté particulière : leurs coûts augmentent, mais une nouvelle hausse des prix risque de réduire encore la demande. Les tensions sur l’élevage, les importations, les maladies animales et la logistique sont mentionnées parmi les facteurs qui pèsent sur la filière.
La situation des producteurs et celle des consommateurs évoluent donc dans un même marché sous pression. Les entreprises cherchent à préserver leur rentabilité, tandis que les ménages réduisent certains achats alimentaires. Les autorités agricoles russes continuent de présenter le recul du cheptel comme une optimisation de la production, pendant que les données de prix et de consommation alimentent le suivi de la situation dans les prochains mois.