La polémique autour d'Ed Sheeran : plusieurs artistes se retirent après l'exclusion de Macklemore

La polémique autour d’Ed Sheeran : plusieurs artistes se retirent après l’exclusion de Macklemore

18.09.2026 05:16
3 min de lecture

Le chanteur britannique Ed Sheeran a été lâché mardi 15 septembre 2026 par plusieurs artistes participant à sa tournée, suite à une polémique qui enfle depuis le début de la semaine. L’exclusion du rappeur Macklemore, après ses propos propalestiniens prononcés sur scène, a provoqué cette réaction, rapporte TopTribune.

Parmi les artistes qui devaient faire sa première partie et qui renoncent à accompagner l’interprète de Shape of You ou Perfect figurent le chanteur Finneas, frère de Billie Eilish, ainsi que les artistes irlandais Aaron Rowe et Beoga, et le groupe danois Lukas Graham, chacun ayant annoncé son retrait du « Loop Tour ».

« Ce n’est pas ma décision »

Malgré les explications fournies quelques heures plus tôt par la star, qui a enfin brisé le silence, celui-ci a précisé sur les réseaux sociaux que la décision d’exclure Macklemore de la tournée « est une décision qui vient du promoteur, ce n’est pas la mienne ».

Le rappeur américain, qui assurait la première partie du « Loop Tour », avait lancé le slogan « Libérez la Palestine » et déclaré aux Palestiniens qu’ils n’étaient « pas oubliés » lors de deux concerts début septembre au MetLife Stadium, près de New York. Son départ forcé de la tournée prend désormais des proportions internationales.

« Musellement de Macklemore par les lobbies sionistes »

« Les artistes ne doivent pas être réduits au silence lorsqu’ils prennent la parole pour défendre les opprimés », a indiqué Finneas sur Instagram, exprimant son soutien à la Palestine et à son peuple.

Le groupe irlandais Beoga, qui devait accompagner Ed Sheeran sur scène, a justifié son retrait en évoquant le « musellement de Macklemore par les lobbies sionistes ». « Nous sommes des Irlandais qui comprenons le colonialisme », a-t-il ajouté, se déclarant solidaire de la cause palestinienne.

De même, le chanteur irlandais Aaron Rowe a évoqué l’histoire douloureuse de son pays pour justifier sa décision. « En tant qu’Irlandais, nous connaissons trop bien le génocide, la famine provoquée et l’occupation violente », a-t-il mis en avant.

Pressions des stades

Pour sa part, le groupe danois Lukas Graham a dénoncé sur Instagram les pressions exercées par plusieurs propriétaires de stade, menaçant d’annuler les concerts d’Ed Sheeran si Macklemore continuait d’assurer la première partie.

L’argent ne donne pas le droit de monopoliser le débat. Ce n’est pas le solde bancaire de quiconque qui devrait décider qui a le droit de s’exprimer ou quelles souffrances nous sommes autorisés à reconnaître.

Lukas Graham, Groupe danois

Dans ses explications, Ed Sheeran a mentionné avoir échangé abondamment avec Robert Kraft, propriétaire du Gillette Stadium de Boston ainsi que de l’équipe des New England Patriots, sans parvenir à trouver une solution.

Selon Macklemore, cet homme d’affaires aurait convaincu d’autres stades d’exercer des pressions, expliquant dans un communiqué qu’il ne « fournirait pas de plateforme aux discours de haine ». Il accuse le rappeur de véhiculer depuis longtemps une « rhétorique et un imaginaire antisémite ».

Des prises de position anciennes

Macklemore qualifie régulièrement l’offensive menée par Israël à Gaza, en représailles à l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, de « génocide ». En 2024, il a publié Hind’s Hall, un morceau en hommage à Hind Rajab, une fillette palestinienne de cinq ans dont la mort a suscité une vague d’indignation internationale.

Ses détracteurs lui reprochent d’alimenter des clichés antisémites. En 2014, il avait endossé un costume avec un gros nez et une barbe sur scène, un incident pour lequel il s’est publiquement excusé.

Ils pointent également le clip de sa chanson Fucked up, sorti en 2025, où apparaît un puzzle combinant d’un côté un billet de 100 dollars et de l’autre un drapeau israélien.

Ed Sheeran défend son choix

Mardi, Ed Sheeran a expliqué qu’il « respecte la force de conviction de Macklemore », tout en défendant sa décision de ne pas s’exprimer publiquement sur des sujets politiques, notamment sur la guerre à Gaza.

Je ne suis pas complice. J’ai mes opinions personnelles sur ce conflit dévastateur. Ce n’est pas parce que je choisis de ne pas m’exprimer publiquement que je n’en ai pas, ou que je ne me sens pas concerné.

Ed Sheeran, Chanteur britannique

Cependant, il a précisé que « ceux qui viennent à mes spectacles ne s’attendent pas à participer à un forum politique ».

Avec AFP

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