Les Européens votent pour les illustrations ornithologiques des nouveaux billets d’euros

Les Européens votent pour les illustrations ornithologiques des nouveaux billets d’euros

17.09.2026 21:56
3 min de lecture

Les Européens sont appelés à voter en ligne pour déterminer la nouvelle illustration graphique des futurs billets en euros. Parmi les dix propositions sélectionnées, cinq mettent en scène des oiseaux sur leur recto. L’analyse des sélections est apportée par l’ornithologue Frédéric Archaux, rapporte TopTribune.

Dans le cadre de la lutte continue contre la contrefaçon, les banques centrales doivent intégrer de plus en plus d’éléments de sécurité dans les billets qu’elles émettent, rendant ainsi indispensables des renouvellements périodiques.

Depuis l’introduction de l’euro en 2002, la confection des billets n’a changé que deux fois. Toutefois, la Banque centrale européenne (BCE), autorité unique chargée de l’émission des monnaies, prévoit de mettre en circulation de nouveaux billets.

« Nature ou culture ? »

Pour les concevoir, la BCE a proposé deux thèmes à l’issue d’un processus de sélection citoyenne: « culture européenne » et « fleuves et oiseaux ». Ce choix n’étonne pas, car le dualisme nature/culture a toujours structuré la pensée occidentale.

Un concours a été livré à 1 241 graphistes de l’Union européenne pour affiner les graphismes associés aux six coupures, allant de 5 à 200 euros. Après plusieurs étapes de sélection, la BCE a retenu cinq propositions pour chacun des thèmes.

Ces dix suggestions sont en vote en ligne jusqu’au 21 septembre.

Un patrimoine commun auquel les Européens sont attachés

Le thème « fleuves et oiseaux » a été mis en avant par la BCE, qui justifie ce choix par des considérations écologiques et culturelles. Ces espèces n’ont pas de frontières, évoquant l’espace Schengen. Elles sont considérées comme un patrimoine commun, auquel les citoyens européens sont attachés. L’Europe a également joué un rôle crucial dans leur préservation à travers des directives comme celle sur les oiseaux, adoptée en 1979, et la directive-cadre sur l’eau, adoptée en 2000.

Les espèces d’oiseaux choisies devaient illustrer la diversité des écosystèmes fluviaux. Il était impératif qu’elles soient attrayantes, migratrices, largement répandues en Europe, et qu’elles aient bénéficié des protections de l’UE. Tous ces éléments ont été considérés dans le cadre du vote.

Quelles sont les espèces choisies ?

Les billets, allant de 5 à 200 euros, présenteront successivement le tichodrome échelette (Tichodroma muraria), le martin-pêcheur (Alcedo atthis), le guêpier d’Europe (Merops apiaster), la cigogne blanche (Ciconia ciconia), l’avocette élégante (Recurvirostra avosetta) et le fou de Bassan (Morus bassanus).

Les styles de ces cinq propositions varient : trois représentent les oiseaux en monochromie, deux en couleur. Quatre sont des dessins, tandis que la cinquième est une photographie. Bien que les espèces soient facilement identifiables, l’utilisation de la monochromie peut limiter l’affichage des couleurs vibrantes de certaines espèces.

Des oiseaux et des fleuves

Selon le premier critère, les espèces doivent illustrer la diversité des écosystèmes fluviaux. Le martin-pêcheur, le guêpier et la cigogne blanche migrent près des cours d’eau. Cependant, le fou de Bassan niche sur des îles océaniques et le tichodrome se reproduit dans des zones montagneuses, ce qui les rend moins pertinents par rapport à ce critère.

Des espèces attractives ?

Les critères de sélection incluent aussi l’attrait des espèces. Le martin-pêcheur et le guêpier font partie des oiseaux les plus colorés d’Europe. Cependant, certains choix pourraient être remis en question, car ils privilégient les grandes espèces colorées au détriment de petites oiseaux moins visibles mais tout aussi esthétiques.

Des espèces migratrices ?

Les migrateurs tels que le guêpier et la cigogne blanche hivernent en Afrique, bien que certains populations de cigognes restent désormais en Europe. Inversement, le tichodrome et le martin-pêcheur sont généralement sédentaires, rendant ainsi leur sélection moins adéquate par rapport à ce critère.

Des espèces largement réparties en Europe ?

La répartition des espèces est un autre aspect à considérer. Le martin-pêcheur et le guêpier sont présents dans le sud de l’Europe, mais les autres espèces ne couvrent pas toutes les régions, en particulier le nord, posant des questions sur leur représentation dans le billet.

Des espèces qui ont bénéficié de la protection de l’UE ?

Certaines espèces ont effectivement bénéficié des politiques de l’UE, notamment les protections de zones humides et de trames vertes. Néanmoins, le tichodrome échelette ne semble pas avoir reçu d’aide significative à cet égard.

D’autres choix auraient-ils été plus pertinents ?

Il est étonnant que des espèces familières, telles que les canards et hérons, n’aient pas été retenues. Ces espèces sont souvent croisés dans des environnements aquatiques. Il pourrait être judicieux de réévaluer ces choix pour inclure des espèces plus représentatives des écosystèmes fluviaux.

Que retenir de tout cela ?

En somme, ce processus de consultation citoyenne, bien qu’efficace, doit aller au-delà des simples apparences de responsabilité environnementale. L’UE continue de jouer un rôle crucial dans la protection des espèces et des habitats tout en faisant face à des critiques sur son efficacité. La sélection finale des illustrations des billets de banque est une occasion de refléter l’engagement envers la biodiversité de l’Europe.

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