La fascination des adultes pour Disney : entre passion et préjugés

La fascination des adultes pour Disney : entre passion et préjugés

23.07.2026 00:26
2 min de lecture

Le phénomène des « Disney Adults » au Québec : Une passion controversée

Les « Disney Adults », adultes passionnés par l’univers de Disney, continuent de faire parler d’eux au Québec. Ces aficionados visitent régulièrement les parcs d’attractions, collectionnent des objets à l’effigie de leurs personnages préférés et adoptent même des costumes. Malgré des critiques qui qualifient leur comportement d’enfantin, de nombreux Québécois assument leur passion sur les réseaux sociaux, rapporte TopTribune.

Jacinthe Ayotte, une fervente admiratrice de Disney, possède un salon décoré de figurines et de peluches de ses personnages de prédilection, notamment des extraterrestres de Toy Story. Sa collection, centrée sur Marie des Aristochats, comprend des dizaines d’objets allant des tasses aux pantoufles. « Cette pièce est la représentation visuelle de mon monde intérieur : je pense constamment à Disney », confie-t-elle.

Sa passion a débuté à 32 ans lors d’une première visite au parc d’Orlando en 2001. Le coup de cœur pour cet univers a été immédiat. « C’est de l’émerveillement ! Les restaurants, les spectacles, c’est vraiment du bonheur », affirme-t-elle. Jacinthe a également fondé un groupe Facebook, « Les accros du Disney ! », qui rassemble plus de 2600 membres échangeant astuces et nouveautés concernant les attractions.

Une autre passionnée, Vicky Boivin, a quitté sa carrière en criminologie pour créer une agence de voyages axée sur Disney et se fait connaître sur les réseaux sociaux comme « La fille qui tripe sur Disney ». Elle organise des événements où les collectionneurs échangent des épinglettes officielles, témoignant ainsi de la forte communauté présente autour de cette passion.

Des préjugés persistants face à un univers magique

Le phénomène des adultes Disney suscite à la fois fascination et moqueries. Certains y voient un « syndrome de Peter Pan », une incapacité à grandir. Johan Boittiaux, maître de conférences à l’Université Sorbonne Paris Nord, souligne cependant que beaucoup d’adultes aujourd’hui ont grandi durant la « renaissance Disney » des années 1990 et continuent leur passion à l’âge adulte. Pour Jacinthe, cet univers représente une échappatoire face aux difficultés de la vie. « Je me cache là-dedans », avoue-t-elle, faisant référence à ses voyages planifiés qui ajoutent un aspect positif à sa vie.

Ce besoin d’évasion est souligné par Boittiaux, qui affirme que Disney répond à un manque profond dans nos vies modernes. Cependant, il met en évidence le paradoxe d’une consommation soutenue de produits et d’expériences, rendant le plaisir accessible à un coût élevé. En 2024, une enquête a révélé que près d’un quart des visiteurs de Disney s’étaient endettés pour financer leur séjour, une réalité partagée par plusieurs fans des parcs.

Jacinthe et Vicky reconnaissent l’importance de cet investissement dans leur passion, concluant que chaque dollar dépensé est un investissement judicieux dans leur bonheur. Malgré le coût élevé des voyages, elles soulignent la bienveillance et le soutien au sein de leur communauté, où même ceux qui ne peuvent pas se rendre à Disney trouvent du réconfort à travers le contenu partagé. « J’ai trouvé ma façon d’être heureuse. Certains ne la trouveront jamais », conclut Jacinthe, affirmant son engagement envers cette passion qui lui apporte joie et évasion.

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