Disparition énigmatique d’un avion britannique en 1948 au-dessus de l’Atlantique : aucune trace retrouvée
Dans la nuit glaciale du 30 janvier 1948, un avion de ligne traversant l’Atlantique disparaît sans laisser la moindre trace. Le Star Tiger, un appareil Avro Tudor exploité par la compagnie British South American Airways, effectue alors un vol transatlantique routinier en direction des Bermudes. Les communications sont régulières, aucun signal de détresse n’est émis, et tout laisse penser que l’atterrissage est imminent. Pourtant, à quelques minutes de sa destination, l’appareil se volatilise avec ses 31 passagers et membres de l’équipage, dont le célèbre maréchal de l’air britannique Sir Arthur Coningham. Cette disparition déclenche immédiatement une onde de choc internationale, rapporte TopTribune.
L’histoire du Star Tiger s’inscrit dans le prolongement de la Seconde Guerre mondiale. L’appareil faisait partie d’un projet ambitieux porté par Donald Bennett, ancien officier de la Royal Air Force et figure majeure du commandement des bombardiers. Après la guerre, il prend la tête de British South American Airways, une compagnie publique destinée à relier l’Europe à l’Amérique du Sud et aux Caraïbes. La flotte, issue de bombardiers reconvertis, porte des noms commençant tous par «Star», symbole d’un nouvel âge d’or de l’aviation commerciale.
Dès ses débuts, la compagnie est marquée par des événements tragiques. En 1947, un premier avion, le Star Dust, disparaît au-dessus des Andes avec 11 personnes à bord. Pendant plus d’un demi-siècle, son sort reste inconnu, jusqu’à la découverte de son épave en 1998 dans les glaciers.
Un passager de luxe
Parmi les passagers du Star Tiger figure une personnalité hors du commun: Arthur Coningham. Ancien as de la Première Guerre mondiale et commandant respecté durant la Seconde, il s’illustre notamment en Afrique du Nord face aux forces allemandes. Personnage flamboyant et controversé, il prend sa retraite de l’armée en 1947. En quête d’un nouveau départ, il embarque à bord du Star Tiger, direction les Bermudes.
Le vol débute sans incident majeur. Parti de Londres le 17 janvier, l’appareil doit faire escale au Portugal, aux Açores, puis aux Bermudes avant de poursuivre vers les Caraïbes. Quelques détails clochent néanmoins: le système de chauffage est défectueux et le départ est retardé. De plus, les conditions météorologiques sont difficiles. Aux Açores, l’équipage est d’ailleurs immobilisé un temps par des vents violents.
Aucune piste à se mettre sous la dent
À l’approche des Bermudes, l’avion vole à basse altitude pour éviter des vents contraires, tout en maintenant des communications normales avec un autre appareil de la compagnie et avec le contrôle aérien. Vers 3h du matin, le Star Tiger demande sa position pour préparer son atterrissage. Après un premier échange confus avec la tour de contrôle, l’équipage reçoit finalement les informations demandées et les confirme. Puis le silence.
L’incompréhension est d’autant plus grande que l’alerte est donnée avec retard. Malgré les procédures imposant une réaction rapide en cas de perte de contact, plus d’une heure s’écoule avant que l’absence de l’appareil ne soit signalée. Les recherches, compliquées par les conditions météorologiques, ne permettent de retrouver ni débris ni indice. L’avion semble s’être volatilisé en plein océan.
Une enquête judiciaire est ouverte, une mesure exceptionnelle à l’époque. Toutes les hypothèses sont examinées: erreur de pilotage, défaillance technique, conditions météorologiques extrêmes, voire explosion soudaine. Aucune piste ne permet d’expliquer la disparition: certains évoquent même un sabotage, sans pouvoir en apporter la moindre preuve. Le rapport final conclut à une absence totale d’éléments fiables, laissant le mystère entier.
La disparition du Star Tiger n’est pas un cas isolé. Un an plus tard, un autre appareil de la même compagnie, le Star Ariel, disparaît lui aussi sans laisser de trace, portant à trois en trois ans le nombre de crashs de la compagnie à l’étoile.