Accord sur le retour des migrants : incohérence dans le texte signé par Bardella et Farage
Le 4 septembre, Jordan Bardella et Nigel Farage ont conclu un accord relatif au retour des migrants interceptés dans les eaux britanniques. Cependant, une phrase significative a été omise entre les versions française et anglaise, ce qui pourrait modifier la portée de l’engagement du président du Rassemblement National, rapporte TopTribune.
Lors de la signature, Jordan Bardella a tenu à mettre en avant son engagement à rapatrier les migrants. Toutefois, une analyse des textes révèle qu’en anglais, il est stipulé que « la France acceptera en principe ces personnes », alors que cette mention est absente de la version française, où il est uniquement question de la reconduite vers le pays d’origine.
Cette omission soulève des inquiétudes parmi les sympathisants du RN à Calais. Une partisane a exprimé : « Je vous crois mais ça me paraît tellement fou« , tandis qu’une autre a réagi : « Ah il veut les ramener ? Ah bah non, s’il faut les ramener non.«
Cette inadéquation entre les traductions soulève la question des intentions réelles du RN. D’une part, le Rassemblement National fait valoir que cette version française a été simplifiée pour la lisibilité. D’autre part, cela contraste avec les positions antérieures de Marine Le Pen, qui en 2021 plaidait pour que les Britanniques prennent en charge les migrants arrivés dans leurs eaux. Elle déclarait alors :
« Ce qu’il faudrait obtenir, c’est une modification des accords du Touquet pour que les Britanniques, lorsqu’ils sont confrontés à des clandestins qui sont arrivés en Grande-Bretagne, les renvoient dans leur pays d’origine plutôt que les renvoient en France. »
Interrogée sur ce revirement possible lors d’une interview le 7 septembre, Le Pen a indiqué : « J’en parlerai quand j’aurai décidé de le faire, c’est-à-dire sous peu.«
Du côté du Rassemblement National, on minimise les controverses autour de cet accord, affirmant qu’il ne s’agit que d’une déclaration d’intention à affiner ultérieurement.